#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

Retrouvez l’intégralité de l’article (en 2 parties) sur Rap Genius.

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#44 « Et y trouvent ça trop méga fun, la plupart traîne dans des endroits plus paumés qu’Apple »

Tise, Shit et Rap. Ici pas d’artifices, juste une triste réalité, celle des rues du 18ème arrondissement d’Paris, même si depuis 2007 on s’demande bien à quoi ça rime toutes ces phases crues collées à l’arrache sur une boucle de 3s où la comparaison semble être la figure de style fétiche de cette bande de pochtrons aux poches aussi vides qu’leur verres à 10 du mat, mais à la rime aussi riche que leur épicier…

Faut dire qu’en même pas un temps quatre mouvements ils s’en sont bien sortis les bougres, entre l’insaisissable Kema et sa rime roulante, les bastos lyricales de Davodka, l’incroyable technicité sportive de Dais et Hugo Boss le roi des punchlines, y a pas à chier y a l’choix d’la corde pour le lynchage du MC moyen…

hugo-flaque-de-samples   Davodka-Un-poing-cest-tout

hugo_fenetresurrue   dais_therapieparlecriture

Bon, enchaîner les freestyles crade ça a du charme mais un moment faut bien passer à des projets plus sérieux, histoire de leur rappeler d’où il vient ce putain d’rap ! Et là-d’ssus rien à r’dire, ces derniers temps on a été largement servis, entre les tapes gratos « Un poing c’est tout » et « Thérapie par l’écriture » (ce dernier étant d’une qualité tellement rarement atteinte, une bombe atomique sur les villas de tous ces voleurs et autres imposteurs bien trop médiatisés…) ainsi que l’hitchcockien « Fenêtre sur rue », album de la maturité pour Hugo du TSR…

#41 "-Ces bombes humaines n’ont pas de syndicat, pas de famille, rien qui viendra m’emmerder avec des réglements à la con. -Et par ailleurs ils travaillent pour des clopinettes! -Enfoiré…"

La misère est-elle pénible au soleil? Loupe sur Las Piedras au Guatemala, dernière escale de nos aventuriers du bout du monde déchus, même pas un rond pour faire tourner en leur faveur la roue, ou les hélices du transport de retour… Puis voilà qu’un incendie se déclare dans un puits de pétrole à 500 bornes de ce trou, et que la peu scrupuleuse compagnie signe un chèque à trois zéros à qui acheminera les camions de nitroglycérine à bon port afin d’en engraisser les mauvais, une pesée du danger du genre à la légère, « le salaire de la peur » tout simplement selon Henri-Georges Clouzot.

L’intemporelle intrigue en place, le calvaire peut alors commencer pour Mario, Jo, Luigi et Bimba (respectivement Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli et Peter Van Eyck), invitant tout le monde à retenir sa respiration là où l’effet papillon potentiel s’exponentialise, tension à son comble, son sans cesse stressant, roulement de tambour à rendre sourd et final bluffant à s’en ronger les ongles.

#39 "-Michael Jackson?? Symbole de la décadence occidentale! -Mais pas du tout madame, c’est euuh… Malcolm X!"

Vague d’oppression au pays de la naissante rime persane à l’heure où le Chah chute et les cultures s’entrechoquent, une liberté sépulturée pourtant tant voulu par Marjane, quitte à la pousser à l’exil vers de terres à l’herbe plus verte tel Vienne à un âge jeune mais déjà sage…

Si Marjane Satrapi dévoila ses chemins de vie avec bulles sur papier dans « Persepolis » (2000-2003), Vincent Paronnaud quant à lui aida à y insuffler la magie de l’animation en 2007 dans une œuvre humaniste, humble facette de réalité à la vision marginale de combats de consciences, d’idées et de bon sens dans un monde paradoxalement croyant ou non où le noir et blanc se marie à merveille.

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#34 "-There’s nothing to laugh at!"

Henry Holland (Alec Guinness), écoulant de paisibles jours au Brésil, nous raconte comment lui, ancien convoyeur de lingots, a fait fortune en organisant le plus gros coup de l’histoire du gangstérisme avec l’aide Pendlebury (Stanley Holloway), vendeur peu scrupuleux de petites Tours Eiffel pour touristes…

Dotée d’une course-poursuite d’une durée grotesque, « Lavender Hill Mob » (« De l’or en barres » de 1951) de Charles Crichton jaillit de la vague florissante des films à humour anglais des studios Ealing de l’époque en une multitude de gags grâce au jeu méchamment drôle des acteurs dans un climat à l’aspect pourtant si sérieux!

#23 "-But Ive got one question to ask you. Do you consider yourself English, or Jamaican?"

Nous sommes en 1983 dans l’Angleterre de Thatcher quand Shaun (Thomas Turgoose), garçon solitaire de 12ans vivant seul avec sa mère, va se lier à une bande plus âgée de skinheads par l’intermédiaire de Woody (Joseph Gilgun), mais va inévitablement être confronté à la montée des idéaux racistes et nationalistes quand Combo (Stephen Graham) revient de taule et force Shaun à voir en lui une figure paternelle.

Shane Meadows nous livre donc à travers un style documentaire sa fiction quasi-autobiographique « This is England » (2006), où se dessine une fresque sociale servant de contexte à la triste scission idéologique aux limites de l’ironique au sein du mouvement skinhead qui, rappelons-le, est né de l’amour de prolétaires pour la musique jamaïcaine ska & reggae…

#20 "We must strike at the lies that have spread like disease through our minds"

-Ah mais ouais j’connais, c’est le groupe de Phil Collins !!!

Nous sommes en 1967 quand Peter Gabriel, (hautboïste, parolier et chanteur aux influences soul) Tony Banks (claviériste) et Michael Rutherford (bassiste) fondent le groupe Genesis, enregistrant un premier album beaucoup trop hasardeux pour se vendre, puis vont signer chez Charisma Records pour la sortie de « Trespass » en 1970, un des premiers albums de rock progressif de l’histoire.

Vont ensuite rejoindre les rangs du groupe le guitariste Steve Hackett ainsi que le batteur Phil Collins suite à une annonce des plus intrigantes visant à une émancipation musicale des normes en vigueur.

L’âge d’or commence alors, énorme bouillon de créativité où sont peintes des fresques sonores aux couleurs improbables mais à la dimension théâtrale de par les prestations surréalistes de Peter Gabriel, se déguisant au gré des chansons, une volonté du spectaculaire qui atteindra son apogée en 74-75 avec la sortie du concept-album « The Lamb Lies Down on Broadway » accompagné de sa tournée magistrale où il est conté les aventures d’un gangster new-yorkais basculant dans un monde fantastique.

Une époque s’échouant malheureusement sur les rives du succès après le départ du capitaine Peter, puis deux ans plus tard celui de l’officier second Steve, laissant la barre à Phil qui amènera ce qui reste du galion dans les lagons perdus de la pop-music.

Puis dans le milieu des années 90 vint le second souffle d’un groupe mort prématurément, une troupe de musiciens fans, The Musical Box (@Olympia 26/02/12), obtient l’autorisation de Peter et de Genesis pour accéder aux archives afin d’entretenir la légende en interprétant les concerts d’antan à travers un mimétisme des plus bluffants d’une qualité sonore exceptionnelle grâce aux instruments de l’époque, magnifiant voir supplantant l’original par l’expérience.


Quelques plages sonores : « White Mountain », « The Musical Box », « Watcher of the Skies », « Dancing with the Moonlight King », « Carpet Crawler », « Squonk », « Blood on the Rooftops » ainsi que « Shadow of the Hierophant » de Steve Hackett.

#15 "Comment mépriser l’argent quand tu n’en as pas, le crime est un piège mon dieu j’ai mordu l’appât !"

Plus qu’un simple duo de MCs, Lunatic représente l’extrême dualité de propos d’un rap tantôt raisonné, à la vision lucide et placide sous la plume pieuse d’Ali, tantôt fou et brutal sous la plume sale de l’animal galeux du Sénégal, j’ai nommé Booba.


Quelques plages sonores : « La lettre », « L’homme de l’ombre », « Ma définition », « Le souffle », etc…

#12 "So far beyond the sky, not knowing how or why"

Mais quel est donc cet étrange animal se déplaçant d’oasis en mer lunaire en fredonnant de célestes mélodies dénuées d’âge ?

Nous sommes à l’aube de l’ère progressive (70s) quand les titans que sont King Crimson, Genesis ou encore Pink Floyd commencent à émerger et se hissent lentement vers les étoiles scintillantes.
Camel est un de ces groupes naissants dans l’ombre de ces derniers, mais avec cette volonté de proposer l’alternative, et ce par des sonorités assez particulières aux inspirations orientales.

Quatuor anglais composé à l’époque de Andrew Latimer à la guitare, d’Andy Ward à la batterie, de Doug Ferguson à la basse et de Peter Bardens au clavier, il fut enrichi de la participation d’une multitude de musiciens tels Phil Collins, Mel Collins (comment oublier la splendide « Rhayader ») ou encore Richard Sinclair (Caravan).

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