#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

Retrouvez l’intégralité de l’article (en 2 parties) sur Rap Genius.

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#38 "-Quelle est votre plus grande peur?"

Avide d’une originalité respectueuse du passé, c’est à travers un style puisant dans l’estampe que les studios de la Toei Animation ont pondu l’édifiant et terrifiant « 怪〜ayakashi〜 » (« Ayakashi : Japanese Classic Horror » de 2006) où se marie folklore soleil-levantesque et horreur abracadabrament cauchemardesques, le tout organisé en trois arcs résolument différents.

« L’histoire du fantôme de Yotsuya », adapté de la pièce populaire datant de 1825 de Tsuruya Nanboku, prend sa source dans les estampes ukiyo-e tandis que « La Légende du Donjon » s’inspire de la nouvelle tout aussi populaire de Kyoka Izumi de 1917 où un mortel et une demi-déesse vont se lier envers et contre tout…

Vient ensuite l’arc qui connaîtra le plus franc succès, à savoir « Le Monstre-Chat » de Kenji Nakamura où le charismatiquement peu loquace apothicaire erre à la recherche de démons, le seul moyen de les éliminer de son épée spirituelle étant d’en analyser leur forme, leur vérité et leur raison de hanter…

Suivra alors une année plus tard la série « モノノ怪 » (« Mononoke » ou esprit vengeur) prolongeant le périple aux aspects colorés mais à la trame sombre du mystique apothicaire au noble but, se retrouvant tantôt dans un hôtel au passé de maison close, tantôt dans une mer déchaînée sous la fureur écriée des âmes encore imprégnées d’une de ces douleurs si vive qu’elle ne peut cesser d’être aussi facilement…

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#33 "-Moi je n’ai aucun talent. -Moi non plus, j’aime juste peindre."

Nourrissant une passion sans limite pour la peinture, Machisu n’a toujours pas vendu une toile arrivé à la cinquantaine… Toujours dans cette quête de soi et d’un style propre à lui, il n’abandonnera pas sa folie créatrice grâce aux encouragements de ses proches. On y découvrira donc son parcours en une analyse plutôt pertinente de l’art, le pourquoi et le comment de la création et la poursuite des rêves.

Takeshi Kitano prolonge sa profonde vision de sa condition d’artiste dans « Akiresu to Kame » (« Achille et la Tortue » de 2008) où le paradoxe est annoncé dans le titre, l’éternel instant où la prédisposition du jeune Machisu né en milieu artistique ne permet pas de rattraper l’inspiration naissante à la source trouble de la tortue aux petits pas constants.

#31 "-Ça te va pas cette coupe, elle te ressemble pas. -De quoi j’me mêle?"

Les dieux sont cléments au royaume des âmes, en effet une chanceuse a gagné un retour à la vie dans le corps de Makoto, un collégien de 3ème qui s’est suicidé. Par contre ce n’est pas gratuit, il s’agit d’une mise à l’épreuve de quelques mois au cours desquels il faudra s’intégrer et apprendre des erreurs de l’adolescent et de son entourage, faute de quoi la sentence recommencera!

Maître de la comédie, Keiichi Hara se concentre désormais un peu plus sur le caractère dramatique en son œuvre « Karafuru » (« Colorful » de 2010) par introspection de personnages dans un cadre réaliste sous le regard extérieur d’une âme méfiante subissant la pression de l’au-delà.
Adaptant à sa guise le roman du même nom de Eto Mori, l’essai est plutôt réussi tant une certaine émotion s’en dégage tout au long des séquences, bref un extrait de vie haut en couleur!

#30 "-Trees and people used to be good friends."

La famille Kusakabé vient d’emménager dans sa nouvelle résidence en pleine campagne de Matsugô, riche en paysages et en secrets que les sœurs Mei et Satsuki ne tarderont pas à découvrir au fin fond d’un tunnel menant au havre de paix qu’habite Totoro et ses amis…

D’une mise en scène simple et brillante, « Tonari no Totoro » (« Mon voisin Totoro » de 1988) est une ode à la nature et à un retour à l’authenticité grâce à sa légèreté oscillant aisément entre réel et fantastique sans rompre le pacte de crédibilité tant l’émotion est sincèrement présente.

Hayao Miyazaki magnifie ici le style qu’il avait adopté avec Isao Takahata dans « Panda Kopanda » (« Panda petit Panda » de 1972) à travers une histoire presque autobiographique à l’atmosphère magique orchestrée par Joe Hisaishi.

#24 "It’s like hell in full bloom!"

En 1995 sort l’omnibus « Memories », étrange ovni d’animation se scindant en trois parties sur une idée originale de Katsuhiro Ōtomo qui s’occupera de la réalisation du dernier métrage « Cannon Fodder », où les habitants d’une sinistre ville (l’image de droite) passent leur temps à entretenir de gigantesques canons pour tirer nulle part, dans un style dessiné aux influences européennes.

D’une toute autre inspiration, « Magnetic Rose » de Kōji Morimoto (l’image de gauche) explore les souvenirs d’une cantatrice italienne repliée dans sa station spatiale à la décoration nettement rococo, le tout dans une atmosphère propre à Satoshi Kon, posant sa patte depuis la direction artistique et sa collaboration pour le scénario.

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Quant à « Stink Bomb » de Tensai Okamura, la question d’une fin du monde accidentelle est posée assez violemment par l’ingestion involontaire d’une pilule chez un jeune scientifique en laboratoire pharmaceutique, le transformant en épouvantable arme biologique et donc créant l’hécatombe à son insu tout en faisant croître et fleurir la flore environnante dans une ambiance délirante de free-jazz signée Jun Miyake.

#21 "Today’s weather is dreamy and will clear up after a sunny, sunny, sunny, sunny day!"

Le rêve. Thème exploité depuis la nuit des bobines! La vision subjective de la caméra rappelant étrangement l’introspection onirique provoquée par sécrétion naturelle de DMT ou bien absorption d’élixirs psychédéliques comme l’ayahuasca.

Ainsi l’effet de réel légendairement ressenti par les parisiens devant « L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat » (des Frères Lumière) s’oppose radicalement au recul des indiens Huni Kuin d’Amazonie devant une image mouvante à la narration discontinue qui leur rappelle plus la représentation d’une vision que celle de la réalité, distinction bien floue que va pourtant distiller sous divers angles le regretté Satoshi Kon dans son dernier long-métrage « Paprika » datant de 2006.

S’immiscer dans ce monde parallèle? C’est le but du prototype DC Mini, petit magnétoscope se glissant sous l’oreiller, matérialisant le rêve en .avi et ouvrant ainsi une sorte de porte dimensionnelle Pandorienne. La science serait-elle encore tombée entre de mauvaises mains? Décidément c’est pas d’chance, mais bon on peut toujours se consoler avec des images vertigineuses dans une danse mentale élastique s’amusant des failles du cervelet…

#9 "Ici les humains n’ont jamais été les bienvenus"

Au bout du tunnel se trouve les thermes divines, lieu de passage d’êtres pour le moins spéciaux…

Plus qu’un simple long-métrage, « Sen to Chihiro no kamikakushi » (alias « Le voyage de Chihiro » de 2001) est une véritable immiscion dans un monde merveilleux, puisant dans l’imaginaire et le mythologique japonais, à travers les yeux de Chihiro, ou l’Alice d’une autre sphère culturelle aux frontières communément humaines.

Il faut souligner le fait que Hayao Miyazaki s’est inspiré de la vie au sein du studio Ghibli afin de métaphoriser visuellement le travail et la fonction dans une lucidité de vision de notre société de par la cohérence d’un univers singulier retranscrit dans ses moindres détails et conférant l’attachement.

La séquence du train se dote d’une poésie envoûtante car racontée à l’image tel un souvenir, les voyageurs sous formes d’ombres et le paysage vide à l’horizon de l’immense océan, un aller simple s’arrêtant rarement, symbole d’une vie au temps fuyant et fruit de l’expérience d’un Miyazaki vieillissant déclarant sa retraite depuis déjà plus d’une décennie sans pour autant avoir la force de mettre le pied hors du wagon.

N’oublions point la splendide bande-son qu’a mijoté Joe Hisaishi, renforçant l’immersion et l’émotion d’un voyage aux allures épiques, sensations garanties devant ce grand chef d’œuvre d’animation.

#6 "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent être traitées sérieusement."

Avec pour source les pensées samouraïesques de Jōchō Yamamoto (compilées dans l’ouvrage « Hagakure » début XVIIIe), l’assassin au cœur d’or incarné par Forest Whitaker évolue lentement mais sûrement dans les quartiers de New York, observant les gens de son pigeonnier d’où il reçoit les désirs de vengeance d’une mafia qui va bien vite le considérer comme trop dangereux…

« Ghost Dog : The Way of the Samuraï » de Jim Jarmusch (1999) nous plonge dans le profond combat de l’homme pour ses valeurs, tout en s’imprégnant des cinémas western et gangster sous influence du soleil levant, et crée l’esthétique par association d’oxymores dans une moderne métropole où Ghost Dog se sent plus proche du naturel par l’animal et son désir de liberté.

Sous couvert de cadrages flous et de fondus-enchaîné, l’ambiance du long-métrage est également soutenue par la bande-son résolument hiphop de RZA du Wu-Tang Clan (que l’on retrouvait d’ailleurs à boire du thé avec son acolyte GZA ainsi que Bill Murray dans le film précédent « Coffee & Cigarettes ») dans une symbiose à l’image, mariant par le rythme une inspiration new-yorkaise et orientale pour notre plus grand plaisir de soif culturelle.

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