#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

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#39 "-Michael Jackson?? Symbole de la décadence occidentale! -Mais pas du tout madame, c’est euuh… Malcolm X!"

Vague d’oppression au pays de la naissante rime persane à l’heure où le Chah chute et les cultures s’entrechoquent, une liberté sépulturée pourtant tant voulu par Marjane, quitte à la pousser à l’exil vers de terres à l’herbe plus verte tel Vienne à un âge jeune mais déjà sage…

Si Marjane Satrapi dévoila ses chemins de vie avec bulles sur papier dans « Persepolis » (2000-2003), Vincent Paronnaud quant à lui aida à y insuffler la magie de l’animation en 2007 dans une œuvre humaniste, humble facette de réalité à la vision marginale de combats de consciences, d’idées et de bon sens dans un monde paradoxalement croyant ou non où le noir et blanc se marie à merveille.

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#12 "So far beyond the sky, not knowing how or why"

Mais quel est donc cet étrange animal se déplaçant d’oasis en mer lunaire en fredonnant de célestes mélodies dénuées d’âge ?

Nous sommes à l’aube de l’ère progressive (70s) quand les titans que sont King Crimson, Genesis ou encore Pink Floyd commencent à émerger et se hissent lentement vers les étoiles scintillantes.
Camel est un de ces groupes naissants dans l’ombre de ces derniers, mais avec cette volonté de proposer l’alternative, et ce par des sonorités assez particulières aux inspirations orientales.

Quatuor anglais composé à l’époque de Andrew Latimer à la guitare, d’Andy Ward à la batterie, de Doug Ferguson à la basse et de Peter Bardens au clavier, il fut enrichi de la participation d’une multitude de musiciens tels Phil Collins, Mel Collins (comment oublier la splendide « Rhayader ») ou encore Richard Sinclair (Caravan).

#11 "-Let’s take a look at the itinerary -Fuck the itinerary"

Réunis de nouveau pour un retour aux sources, à savoir retrouver leur mère au fin fond de l’Inde, trois frères vont devoir réapprendre à vivre ensemble à travers une expérience des plus vivantes.

Pour son 5ème long-métrage, Wes Anderson nous fait monter à bord du « Darjeeling Limited » (2007) marche par marche, la première constituant un court-métrage « Hotel Chevalier » où le frère Jack Whitman, alias Jason Schwartzman, reçoit la visite de son amante qui n’est autre que Natalie Portman dans sa chambre d’hôtel parisienne, mais l’on s’aperçoit très vite de la nature compliquée de leur relation. Vient ensuite la marche que le businessman Bill Murray n’arrive pas à atteindre, se faisant doubler et remplacer subtilement par un nouvel acteur dans le paysage cinématographique Andersonien : le frère Peter aka Adrien Brody.

Enfin nous voilà à l’intérieur d’un de ces wagons pittoresques, sillonnant les paysages orientaux le regard placide, accompagné en douceur par des travelings sur la longueur du train où se passe des scènes de vie plutôt drôles, touchantes mais parfois un peu absurdes, sous fond musical des plus diversifiés, explorant les horizons du rock des sixties « Play with Fire » des Rolling Stones à la musique impressioniste « Suite bergamasque » de Claude Debussy sans oublier d’y parsemer de la composition locale, un bon exemple est la charmante « Charu’s Theme » du réalisateur Satyajit Ray.

#6 "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent être traitées sérieusement."

Avec pour source les pensées samouraïesques de Jōchō Yamamoto (compilées dans l’ouvrage « Hagakure » début XVIIIe), l’assassin au cœur d’or incarné par Forest Whitaker évolue lentement mais sûrement dans les quartiers de New York, observant les gens de son pigeonnier d’où il reçoit les désirs de vengeance d’une mafia qui va bien vite le considérer comme trop dangereux…

« Ghost Dog : The Way of the Samuraï » de Jim Jarmusch (1999) nous plonge dans le profond combat de l’homme pour ses valeurs, tout en s’imprégnant des cinémas western et gangster sous influence du soleil levant, et crée l’esthétique par association d’oxymores dans une moderne métropole où Ghost Dog se sent plus proche du naturel par l’animal et son désir de liberté.

Sous couvert de cadrages flous et de fondus-enchaîné, l’ambiance du long-métrage est également soutenue par la bande-son résolument hiphop de RZA du Wu-Tang Clan (que l’on retrouvait d’ailleurs à boire du thé avec son acolyte GZA ainsi que Bill Murray dans le film précédent « Coffee & Cigarettes ») dans une symbiose à l’image, mariant par le rythme une inspiration new-yorkaise et orientale pour notre plus grand plaisir de soif culturelle.