#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

Retrouvez l’intégralité de l’article (en 2 parties) sur Rap Genius.

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#43 « -Find me some clouds! »

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Le scénario de Logan s’inspire librement de la vie du milliardaire Howard Hughes, passionné de cinéma et d’aviation (producteur du Scarface original), qui réalisa en 1930 l’un des tout premiers coûteux blockbusters sonores d’action, à savoir Hell’s Angels où virevolte l’escadrille ricaine (qui donnera son nom au fameux club de motards). Aviator est pour Scorsese une nouvelle occasion d’esthétiser à l’hollywoodienne une Amérique de l’entre-deux-guerres grâce à une couleur et une bande-son des plus soignées où se côtoient Glenn Miller, Django Reinhardt, David Johansen, The Ink Spots ou encore les falloutesques Manhattan Rhythm Kings!

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Mais c’est l’aspect torturé de l’influent personnage diogénien, magnifiquement interprété par DiCaprio, qui sera développé dans ses rapports de plus en plus lointains avec les gens, les malaises s’enchaînant telle l’avant-première de Hell’s Angels où les flashs photographiques éblouiront violemment le solitaire et ses paris risqués, l’esprit semblant déjà en proie à un pilotage automatique…

#36 "-Smoking marijuana, eating Cheese Doodles, and masturbating do not constitute as ‘plans’ in my book!"

Diagnostiqué d’un cancer avancé, le professeur de chimie Walter White (Bryan Cranston) n’a qu’une idée en tête : faire de l’argent pour aider sa famille s’il en venait à disparaître. Mais cet argent sent un peu trop les produits chimiques et la facilité, car c’est à un trafic de méthamphétamines, dangereuse drogue en vogue, que Walt va s’adonner en s’associant avec le dealer Jesse Pinkman (Aaron Paul) aux risques et périls de tomber nez à nez avec le fameux cartel…

C’est à donc à coup de séquences sous haute tension et de violents cliffhangers que l’originale série « Breaking Bad » de Vince Gilligan va nous guider par hypnose télévisuelle depuis 2008, arborant une ambiance western dans la misère sociale de nos jours avec une mafia déguisée pensant tout simplement rendement et élimination si les calculs ne sont pas respectés avec précision!

« Let’s cook! »

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#32 "-People think that pipes grow in their homes. But they sure as hell don’t! Look at my knees!"

Suite à une introduction où l’on compare le macro et le microcosme par fondu-enchainé, Henry Spencer (Jack Nance) est invité chez les parents de sa copine Mary (Charlotte Stewart) pour un repas nourri de malaises violé intimement par la caméra en raccord regard, où le poulet se met à se dandiner tout saignant en totale prémonition à l’annonce d’un accouchement prématuré d’un être visqueux aux contours inhumains…

Sous couvert d’une ambiance musicale froide et industrielle, David Lynch expose sa première vision grisaillée et oppressante du monde où le sous-entendu est finement audible, annonçant le déséquilibre par des notes discordantes et des acteurs guidés par une étrange folie, entre un père déconnecté de la situation et une mère en décalage émotionel.

« Eraserhead » (1977) sollicite ainsi notre imagination dans ses confins les plus sombres, naviguant en eaux troubles dans l’océan de nos peurs jusqu’au port aux lumières aveuglantes, tout est si apaisant les yeux fermés!

#29 "-Three weeks ago I took a bullet out of a man who was shot by a gentleman. The bullet was in his back!"

-Comment transcender les dialogues après quelques années de recul sur le récent cinéma parlant?
-En rapprochant des personnages quelque peu typés au sein d’une diligence en plein territoire ennemi indien bien sûr!

Un shérif, une dame noble, un bandit, une prostituée, un banquier, une jeune femme enceinte, un médecin alcoolique (au passage joué à merveille par Thomas Mitchell), un représentant en whisky et un joueur de poker, le compte est bon!

Tout est réuni dans « Stagecoach » (« La chevauchée fantastique » de 1939) pour redonner un nouveau souffle au western en lui insufflant des codes du genre plutôt classiques et lui ouvrant de nouveaux horizons tel le Monument Valley (l’image ci-dessus) au tout début de l’âge d’or hollywoodien…

Notons aussi le premier grand rôle de John Wayne prophétisé par un malin et précis zoom-regard sous la caméra de John Ford, démarrant la légende avec brio dans un film frais comme une nuit d’été!

#28 "-It’s funny how the colors of the real world only seem really real when you viddy them on the screen."

Ultra-violence, voilà le mot d’ordre pour Alex (Malcolm McDowell) et sa bande sous l’emprise stimulante du lait drogué le moloko+, faisant régner le chaos dans une ville à l’atmosphère futuriste jusqu’à l’incarcération et la mise en cobaye du meneur aux mains de la torture expérimentale et de la vision forcée de montages alliant le choc des images à la douceur de la « Symphonie nº 9 » de Ludwig Van Beethoven, chanson jadis préférée de notre héros en proie au lourd paiement de ses actes ainsi que ceux d’une société aspirant à la grandeur quitte à soigner le mal par le mal…

En résumé « A Clockwork Orange » (« Orange Mécanique » de 1971) est un bijou dérangeant, resplendissant d’un sombre éclat et laissant s’installer le malaise avec en fond sonore de la composition classique interprété avec les premiers synthétiseurs, nourrissant l’univers décadant imaginé par Stanley Kubrick afin d’en récolter le fruit défendu à la teinte bizarrement orangée…

#27 "-The more scribbled the name, the bigger the fame."

Jerry Lewis (lui même dans son premier rôle dramatique), fameux comique américain du petit écran, est souvent harcelé par des hordes de fans mais ce n’est rien en comparaison de sa rencontre forcée avec Rupert Pupkin (qu’incarne à merveille Robert De Niro pour son premier rôle comique), un humoriste raté y croyant dur comme fer et voulant à tout prix passer dans son émission.

Martin Scorsese dresse ici un sombre tableau de la célébrité télévisuelle avec des plans à hauteur d’homme retranscrivant au plus réel ce monde qui travaille tant son image, soulignant les dérives d’un star system quelque peu avant son apogée banalisée.

« King of Comedy » (« La valse des pantins » de 1983) se présente donc au cirque cinématographique comme le clown triste, celui qui oscille entre rire froid et gag violent, ne déplace pas des houles pour son show mais déclenche de francs applaudissements par un final nourri d’une controverse sur la réussite, ses routes et leur conséquences.

#25 "-Now, remember son: stay in school, eat your veggies, and burn everything but Shakespeare."

Suite à un imprévu routier, notre ami l’insolite caméléon domestique (à la voix de Johnny Depp) va se retrouver en plein désert, n’ayant plus qu’à suivre son instinct le menant inéluctablement dans une ville du Far West où la monnaie locale, l’eau, se raréfie à un point assez soupçonneux. En s’inventant des facultés de tireur d’élite, Rango devient vite shérif, mais encore faut-il confirmer ses talents…

Datant de 2011, « Rango » de Gore Verbinski est un immense hommage au western, réutilisant la plupart de ses codes tout en apportant un style décalé par des personnages animaliers dans une animation très fluide sortant tout droit des nouveaux studios de George Lucas, le tout accompagné d’un scénario de John Logan visant malheureusement un peu trop à la bienséance, ce qui siéra tout de même au plus grand nombre.

N’oublions pas la bande originale que composa le fameux Hans Zimmer.

#22 "It’s a show about nothing"

Le concept est pourtant audacieux. Pourquoi à tout prix poser une trame globale doublée d’une morale dans une série si le but est tout simplement de nous faire rire et réfléchir sur les dérives des comportements humains? Un simple appartement où des amis se réunissent suffit amplement à l’atmosphère d’une comédie de situation, plus connue sous l’étiquette un peu péjorative de la sitcom, notamment par l’ajout de rires tout d’abord du public au moment du tournage puis pré-enregistrés, frôlant la caricature du genre et laissant cours aux préjugés.

Mais c’est avant tout la rencontre de deux comédiens Jerry Seinfeld & Larry David qui donnera lieu à un florilège de sketches, « Seinfeld », sur un total de 9 saisons diffusé sur la NBC à partir de 1989, se basant sur des expériences sociales assez ironiques où toute réaction prend des proportions absurdes et tout doute absurde trouve justification par une réaction, une bien fine maîtrise des dialogues qui sera bien plus qu’une inspiration pour certains comédiens actuels que je ne citerais pas en tout bon manque de respect, préférez l’original!

Afin de mieux préciser la nature des scénettes, il faut bien savoir que la nature des personnages composant la série n’est pas des plus gratifiantes ! En effet, entre l’insatisfaite, superficielle et manipulatrice Elaine (Julia Louis-Dreyfus), l’hurluberlu Kramer (Micheal Richards) cherchant toujours à mener la grande vie mais squattant le frigo de son voisin Jerry, et le lâche petit homme chauve George (Jason Alexander) d’une paresse sans égale mais paradoxalement ultra-exigeant envers le monde qui l’entoure, il n’y a plus que Jerry un tant soit peu conscient de la connerie omniprésente, mais loin d’aborder un quelconque ton sérieux il va la combattre en l’exagérant!

« Believe it or not, George isn’t at home. Please leave a message at the beep.
I must be out, or I’d pick up the phone. Where could I be? »

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