#26 "-Once I got my driver’s license, I started driving with my eyes closed."

Dernier jour sur les rails pour le cheminot bientôt retraité Odd Horten (Baard Owe), mais le voyage est loin de se terminer puisqu’il se permet de louper le retour et donc de quitter en beauté les œillères du convoi traditionnel en direction d’Oslo pour d’insolites aventures remplies de poésie…

La filée du train effleurant les paysages enneigés norvégiens s’immortalise dans la caméra de Bent Hamer sous le nom de « O Horten » (« La nouvelle vie de Monsieur Horten ») à partir de 2007, représentant toute cette simplicité esthétique où la candeur du protagoniste apporte une légèreté plaisante amplifiée par les lointaines mélodies de John Erik Kaada du groupe norvégien Cloroform.

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#20 "We must strike at the lies that have spread like disease through our minds"

-Ah mais ouais j’connais, c’est le groupe de Phil Collins !!!

Nous sommes en 1967 quand Peter Gabriel, (hautboïste, parolier et chanteur aux influences soul) Tony Banks (claviériste) et Michael Rutherford (bassiste) fondent le groupe Genesis, enregistrant un premier album beaucoup trop hasardeux pour se vendre, puis vont signer chez Charisma Records pour la sortie de « Trespass » en 1970, un des premiers albums de rock progressif de l’histoire.

Vont ensuite rejoindre les rangs du groupe le guitariste Steve Hackett ainsi que le batteur Phil Collins suite à une annonce des plus intrigantes visant à une émancipation musicale des normes en vigueur.

L’âge d’or commence alors, énorme bouillon de créativité où sont peintes des fresques sonores aux couleurs improbables mais à la dimension théâtrale de par les prestations surréalistes de Peter Gabriel, se déguisant au gré des chansons, une volonté du spectaculaire qui atteindra son apogée en 74-75 avec la sortie du concept-album « The Lamb Lies Down on Broadway » accompagné de sa tournée magistrale où il est conté les aventures d’un gangster new-yorkais basculant dans un monde fantastique.

Une époque s’échouant malheureusement sur les rives du succès après le départ du capitaine Peter, puis deux ans plus tard celui de l’officier second Steve, laissant la barre à Phil qui amènera ce qui reste du galion dans les lagons perdus de la pop-music.

Puis dans le milieu des années 90 vint le second souffle d’un groupe mort prématurément, une troupe de musiciens fans, The Musical Box (@Olympia 26/02/12), obtient l’autorisation de Peter et de Genesis pour accéder aux archives afin d’entretenir la légende en interprétant les concerts d’antan à travers un mimétisme des plus bluffants d’une qualité sonore exceptionnelle grâce aux instruments de l’époque, magnifiant voir supplantant l’original par l’expérience.


Quelques plages sonores : « White Mountain », « The Musical Box », « Watcher of the Skies », « Dancing with the Moonlight King », « Carpet Crawler », « Squonk », « Blood on the Rooftops » ainsi que « Shadow of the Hierophant » de Steve Hackett.

#12 "So far beyond the sky, not knowing how or why"

Mais quel est donc cet étrange animal se déplaçant d’oasis en mer lunaire en fredonnant de célestes mélodies dénuées d’âge ?

Nous sommes à l’aube de l’ère progressive (70s) quand les titans que sont King Crimson, Genesis ou encore Pink Floyd commencent à émerger et se hissent lentement vers les étoiles scintillantes.
Camel est un de ces groupes naissants dans l’ombre de ces derniers, mais avec cette volonté de proposer l’alternative, et ce par des sonorités assez particulières aux inspirations orientales.

Quatuor anglais composé à l’époque de Andrew Latimer à la guitare, d’Andy Ward à la batterie, de Doug Ferguson à la basse et de Peter Bardens au clavier, il fut enrichi de la participation d’une multitude de musiciens tels Phil Collins, Mel Collins (comment oublier la splendide « Rhayader ») ou encore Richard Sinclair (Caravan).

#11 "-Let’s take a look at the itinerary -Fuck the itinerary"

Réunis de nouveau pour un retour aux sources, à savoir retrouver leur mère au fin fond de l’Inde, trois frères vont devoir réapprendre à vivre ensemble à travers une expérience des plus vivantes.

Pour son 5ème long-métrage, Wes Anderson nous fait monter à bord du « Darjeeling Limited » (2007) marche par marche, la première constituant un court-métrage « Hotel Chevalier » où le frère Jack Whitman, alias Jason Schwartzman, reçoit la visite de son amante qui n’est autre que Natalie Portman dans sa chambre d’hôtel parisienne, mais l’on s’aperçoit très vite de la nature compliquée de leur relation. Vient ensuite la marche que le businessman Bill Murray n’arrive pas à atteindre, se faisant doubler et remplacer subtilement par un nouvel acteur dans le paysage cinématographique Andersonien : le frère Peter aka Adrien Brody.

Enfin nous voilà à l’intérieur d’un de ces wagons pittoresques, sillonnant les paysages orientaux le regard placide, accompagné en douceur par des travelings sur la longueur du train où se passe des scènes de vie plutôt drôles, touchantes mais parfois un peu absurdes, sous fond musical des plus diversifiés, explorant les horizons du rock des sixties « Play with Fire » des Rolling Stones à la musique impressioniste « Suite bergamasque » de Claude Debussy sans oublier d’y parsemer de la composition locale, un bon exemple est la charmante « Charu’s Theme » du réalisateur Satyajit Ray.