#38 "-Quelle est votre plus grande peur?"

Avide d’une originalité respectueuse du passé, c’est à travers un style puisant dans l’estampe que les studios de la Toei Animation ont pondu l’édifiant et terrifiant « 怪〜ayakashi〜 » (« Ayakashi : Japanese Classic Horror » de 2006) où se marie folklore soleil-levantesque et horreur abracadabrament cauchemardesques, le tout organisé en trois arcs résolument différents.

« L’histoire du fantôme de Yotsuya », adapté de la pièce populaire datant de 1825 de Tsuruya Nanboku, prend sa source dans les estampes ukiyo-e tandis que « La Légende du Donjon » s’inspire de la nouvelle tout aussi populaire de Kyoka Izumi de 1917 où un mortel et une demi-déesse vont se lier envers et contre tout…

Vient ensuite l’arc qui connaîtra le plus franc succès, à savoir « Le Monstre-Chat » de Kenji Nakamura où le charismatiquement peu loquace apothicaire erre à la recherche de démons, le seul moyen de les éliminer de son épée spirituelle étant d’en analyser leur forme, leur vérité et leur raison de hanter…

Suivra alors une année plus tard la série « モノノ怪 » (« Mononoke » ou esprit vengeur) prolongeant le périple aux aspects colorés mais à la trame sombre du mystique apothicaire au noble but, se retrouvant tantôt dans un hôtel au passé de maison close, tantôt dans une mer déchaînée sous la fureur écriée des âmes encore imprégnées d’une de ces douleurs si vive qu’elle ne peut cesser d’être aussi facilement…

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#33 "-Moi je n’ai aucun talent. -Moi non plus, j’aime juste peindre."

Nourrissant une passion sans limite pour la peinture, Machisu n’a toujours pas vendu une toile arrivé à la cinquantaine… Toujours dans cette quête de soi et d’un style propre à lui, il n’abandonnera pas sa folie créatrice grâce aux encouragements de ses proches. On y découvrira donc son parcours en une analyse plutôt pertinente de l’art, le pourquoi et le comment de la création et la poursuite des rêves.

Takeshi Kitano prolonge sa profonde vision de sa condition d’artiste dans « Akiresu to Kame » (« Achille et la Tortue » de 2008) où le paradoxe est annoncé dans le titre, l’éternel instant où la prédisposition du jeune Machisu né en milieu artistique ne permet pas de rattraper l’inspiration naissante à la source trouble de la tortue aux petits pas constants.