#30 "-Trees and people used to be good friends."

La famille Kusakabé vient d’emménager dans sa nouvelle résidence en pleine campagne de Matsugô, riche en paysages et en secrets que les sœurs Mei et Satsuki ne tarderont pas à découvrir au fin fond d’un tunnel menant au havre de paix qu’habite Totoro et ses amis…

D’une mise en scène simple et brillante, « Tonari no Totoro » (« Mon voisin Totoro » de 1988) est une ode à la nature et à un retour à l’authenticité grâce à sa légèreté oscillant aisément entre réel et fantastique sans rompre le pacte de crédibilité tant l’émotion est sincèrement présente.

Hayao Miyazaki magnifie ici le style qu’il avait adopté avec Isao Takahata dans « Panda Kopanda » (« Panda petit Panda » de 1972) à travers une histoire presque autobiographique à l’atmosphère magique orchestrée par Joe Hisaishi.

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#27 "-The more scribbled the name, the bigger the fame."

Jerry Lewis (lui même dans son premier rôle dramatique), fameux comique américain du petit écran, est souvent harcelé par des hordes de fans mais ce n’est rien en comparaison de sa rencontre forcée avec Rupert Pupkin (qu’incarne à merveille Robert De Niro pour son premier rôle comique), un humoriste raté y croyant dur comme fer et voulant à tout prix passer dans son émission.

Martin Scorsese dresse ici un sombre tableau de la célébrité télévisuelle avec des plans à hauteur d’homme retranscrivant au plus réel ce monde qui travaille tant son image, soulignant les dérives d’un star system quelque peu avant son apogée banalisée.

« King of Comedy » (« La valse des pantins » de 1983) se présente donc au cirque cinématographique comme le clown triste, celui qui oscille entre rire froid et gag violent, ne déplace pas des houles pour son show mais déclenche de francs applaudissements par un final nourri d’une controverse sur la réussite, ses routes et leur conséquences.

#23 "-But Ive got one question to ask you. Do you consider yourself English, or Jamaican?"

Nous sommes en 1983 dans l’Angleterre de Thatcher quand Shaun (Thomas Turgoose), garçon solitaire de 12ans vivant seul avec sa mère, va se lier à une bande plus âgée de skinheads par l’intermédiaire de Woody (Joseph Gilgun), mais va inévitablement être confronté à la montée des idéaux racistes et nationalistes quand Combo (Stephen Graham) revient de taule et force Shaun à voir en lui une figure paternelle.

Shane Meadows nous livre donc à travers un style documentaire sa fiction quasi-autobiographique « This is England » (2006), où se dessine une fresque sociale servant de contexte à la triste scission idéologique aux limites de l’ironique au sein du mouvement skinhead qui, rappelons-le, est né de l’amour de prolétaires pour la musique jamaïcaine ska & reggae…

#22 "It’s a show about nothing"

Le concept est pourtant audacieux. Pourquoi à tout prix poser une trame globale doublée d’une morale dans une série si le but est tout simplement de nous faire rire et réfléchir sur les dérives des comportements humains? Un simple appartement où des amis se réunissent suffit amplement à l’atmosphère d’une comédie de situation, plus connue sous l’étiquette un peu péjorative de la sitcom, notamment par l’ajout de rires tout d’abord du public au moment du tournage puis pré-enregistrés, frôlant la caricature du genre et laissant cours aux préjugés.

Mais c’est avant tout la rencontre de deux comédiens Jerry Seinfeld & Larry David qui donnera lieu à un florilège de sketches, « Seinfeld », sur un total de 9 saisons diffusé sur la NBC à partir de 1989, se basant sur des expériences sociales assez ironiques où toute réaction prend des proportions absurdes et tout doute absurde trouve justification par une réaction, une bien fine maîtrise des dialogues qui sera bien plus qu’une inspiration pour certains comédiens actuels que je ne citerais pas en tout bon manque de respect, préférez l’original!

Afin de mieux préciser la nature des scénettes, il faut bien savoir que la nature des personnages composant la série n’est pas des plus gratifiantes ! En effet, entre l’insatisfaite, superficielle et manipulatrice Elaine (Julia Louis-Dreyfus), l’hurluberlu Kramer (Micheal Richards) cherchant toujours à mener la grande vie mais squattant le frigo de son voisin Jerry, et le lâche petit homme chauve George (Jason Alexander) d’une paresse sans égale mais paradoxalement ultra-exigeant envers le monde qui l’entoure, il n’y a plus que Jerry un tant soit peu conscient de la connerie omniprésente, mais loin d’aborder un quelconque ton sérieux il va la combattre en l’exagérant!

« Believe it or not, George isn’t at home. Please leave a message at the beep.
I must be out, or I’d pick up the phone. Where could I be? »

#17 "-Come on, hit me. Harder. Harder. -What the fuck do you want? That’s hard. What are you trying to prove?"

Jake LaMotta (alias Robert DeNiro), boxeur champion du monde au caractère bien trempé, donne son histoire et son surnom au film « Raging Bull » (1980) de Martin Scorsese, qui va en pondre une adaptation des plus édifiantes, usant de plongées, contre-plongées, déformations optiques et changements de tempo au montage pour notre plus grand désir de catharsis.

Le spectateur se retrouve ainsi partagé entre la vision étriquée de l’homme au sérieux penchant pour la violence, ne s’émancipant que sur le ring et développant une paranoïa autodestructrice, et le regard de ses proches, ne comprenant l’éternel soif de conflit de Jake qui le pousse sans cesse aux extrêmes dans ses actes et propos. Mention spéciale à la bande-son emblématique d’une époque.

#12 "So far beyond the sky, not knowing how or why"

Mais quel est donc cet étrange animal se déplaçant d’oasis en mer lunaire en fredonnant de célestes mélodies dénuées d’âge ?

Nous sommes à l’aube de l’ère progressive (70s) quand les titans que sont King Crimson, Genesis ou encore Pink Floyd commencent à émerger et se hissent lentement vers les étoiles scintillantes.
Camel est un de ces groupes naissants dans l’ombre de ces derniers, mais avec cette volonté de proposer l’alternative, et ce par des sonorités assez particulières aux inspirations orientales.

Quatuor anglais composé à l’époque de Andrew Latimer à la guitare, d’Andy Ward à la batterie, de Doug Ferguson à la basse et de Peter Bardens au clavier, il fut enrichi de la participation d’une multitude de musiciens tels Phil Collins, Mel Collins (comment oublier la splendide « Rhayader ») ou encore Richard Sinclair (Caravan).

#10 "-You wanna boycott someone? You ought to start with the goddamn barber that fucked up your head !"

Les tensions s’intensifient dans le ghetto américain, vombrissant sous les basses de la chanson « Fight the Power » de Public Enemy et en proie à un déséquilibre oscillant entre racisme latent et capitalisme ambiant, toujours mêmes vecteurs de division des plus démunis.

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Profondément ancré dans cette volonté d’une évolution des mentalités vers une meilleure condition des afro-américains, Spike Lee signe ici « Do the Right Thing » (1989), un de ses films les plus revendicatifs toujours à une époque où souffrance est synonyme d’inspiration, parallèlement à la déferlante Hip Hop en pleine recherche de sa représentation cinématographique.

Ainsi sous des airs de comédie dans un quartier aux individus stéréotypés et aux dialogues des plus vivants, l’ambiance générale se dégrade assez vite et confronte les résidents au choix résumé sur les phalanges de Radio Raheem, jusqu’à questionner le spectateur sur la portée de la décision finale de Mookie alias Monsieur Lee.

#7 "No matter what anybody tells you, words and ideas can change the world."

Et ces idées, John Keating alias Robin William compte bien les appliquer et ce dès son premier jour en tant que professeur de littérature au sein de l’austère académie de Welton !

Il n’en fallu pas plus pour enchanter les élèves par la magie des mots et de leur pouvoir, mais surtout de la magie du libre arbitre, de l’indépendance, bref un véritable hymne à la liberté et au réveil des consciences est clamé par l’enseignant, bouleversant les codes d’une institution en plein apprentissage de sa désuétude et instaurant une nouvelle volonté de vivre à la sauce épicurienne chez la jeunesse qui se met à prendre goût au romantisme et décide de prendre son destin en main, direction l’épanouissement !

« Dead Poets Society » (1989) de Peter Weir est un film interpellant. Oui, qu’en est-il de votre vision de la vie? Quel est le prix de la liberté individuelle dans une société opérant ouvertement le formatage ? Par simple identification aux désirs qui prennent vie des étudiants, nous voilà portés par la catharsis dans une instabilité sociale régnante, une école se scindant donnant lieu à la tragédie si bien orchestrée par monsieur le scénariste Tom Schulman

« On ne lit pas ni écrit de la poésie parce que c’est joli. On lit et écrit de la poésie car on fait partie de l’humanité. Et l’humanité est faite de passions. La médecine, le droit, le commerce sont nécessaires pour assurer la vie, mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour, c’est pour ça qu’on vit. »