#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

Retrouvez l’intégralité de l’article (en 2 parties) sur Rap Genius.

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#42 « Tu connais du monde mais si la vie t’gifle tu vas amener qui? »

Toujours dans la série « nique les clones », coup d’clarté sur Bobigny et ses irréductibles successeurs d’une culture en perpétuel renouvellement, nommons-les Nakk et Les 10′ (groupe des frères jumeaux Lavokato et L’Indis) et situons-les à la chevauchée des millénaires.

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D’une gamberge émergente sur d’énergisantes mixtapes (« 11’30 contre les lois racistes » / « 16’30 contre la censure » / Original Bombattak) ou d’une rage en direct (« Les 10 – 22 ans »  de 1998), une brise balbynienne semble timidement souffler sur le paysage du rap français…

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…mais le vent ne se lèvera que quelques années plus tard, catalysé par ce nouveau média qu’est le net et par de nouveaux venus surmotivés comme Char (du Gouffre taffant sur le projet « Marche Arrière » qui regroupera 69 rappeurs de prestige du genre Furax, Loko ou encore Sëar-lui-même) dont l’objectif est de joindre les ponts du mouvement tout en lui rendant ses lettres et notes de noblesse!

Quelques plages sonores (essentiellement de Nakk) : « Les 10 – A la hauteur », « L’Indis – Mes Classiques » (avec Jeff le Nerf et Loko), « La Tour 20 », « Chanson Triste », « Invincible », « Le monde est mon pays », « Avec le cœur » (avec L’Indis et Ladea) et « Ce fameux jour » (avec Ladea, Les 10 et Demi-Portion).

#24 "It’s like hell in full bloom!"

En 1995 sort l’omnibus « Memories », étrange ovni d’animation se scindant en trois parties sur une idée originale de Katsuhiro Ōtomo qui s’occupera de la réalisation du dernier métrage « Cannon Fodder », où les habitants d’une sinistre ville (l’image de droite) passent leur temps à entretenir de gigantesques canons pour tirer nulle part, dans un style dessiné aux influences européennes.

D’une toute autre inspiration, « Magnetic Rose » de Kōji Morimoto (l’image de gauche) explore les souvenirs d’une cantatrice italienne repliée dans sa station spatiale à la décoration nettement rococo, le tout dans une atmosphère propre à Satoshi Kon, posant sa patte depuis la direction artistique et sa collaboration pour le scénario.

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Quant à « Stink Bomb » de Tensai Okamura, la question d’une fin du monde accidentelle est posée assez violemment par l’ingestion involontaire d’une pilule chez un jeune scientifique en laboratoire pharmaceutique, le transformant en épouvantable arme biologique et donc créant l’hécatombe à son insu tout en faisant croître et fleurir la flore environnante dans une ambiance délirante de free-jazz signée Jun Miyake.

#22 "It’s a show about nothing"

Le concept est pourtant audacieux. Pourquoi à tout prix poser une trame globale doublée d’une morale dans une série si le but est tout simplement de nous faire rire et réfléchir sur les dérives des comportements humains? Un simple appartement où des amis se réunissent suffit amplement à l’atmosphère d’une comédie de situation, plus connue sous l’étiquette un peu péjorative de la sitcom, notamment par l’ajout de rires tout d’abord du public au moment du tournage puis pré-enregistrés, frôlant la caricature du genre et laissant cours aux préjugés.

Mais c’est avant tout la rencontre de deux comédiens Jerry Seinfeld & Larry David qui donnera lieu à un florilège de sketches, « Seinfeld », sur un total de 9 saisons diffusé sur la NBC à partir de 1989, se basant sur des expériences sociales assez ironiques où toute réaction prend des proportions absurdes et tout doute absurde trouve justification par une réaction, une bien fine maîtrise des dialogues qui sera bien plus qu’une inspiration pour certains comédiens actuels que je ne citerais pas en tout bon manque de respect, préférez l’original!

Afin de mieux préciser la nature des scénettes, il faut bien savoir que la nature des personnages composant la série n’est pas des plus gratifiantes ! En effet, entre l’insatisfaite, superficielle et manipulatrice Elaine (Julia Louis-Dreyfus), l’hurluberlu Kramer (Micheal Richards) cherchant toujours à mener la grande vie mais squattant le frigo de son voisin Jerry, et le lâche petit homme chauve George (Jason Alexander) d’une paresse sans égale mais paradoxalement ultra-exigeant envers le monde qui l’entoure, il n’y a plus que Jerry un tant soit peu conscient de la connerie omniprésente, mais loin d’aborder un quelconque ton sérieux il va la combattre en l’exagérant!

« Believe it or not, George isn’t at home. Please leave a message at the beep.
I must be out, or I’d pick up the phone. Where could I be? »

#19 "-Basketball is like poetry in motion, cross the guy to the left, take him back to the right, he’s fallin’ back, then just "J" right in his face. Then you look at him and say : -What?"

Une atmosphère pesante règne chez les Shuttlesworths depuis que le père Jake (Denzel Washington) est revenu de cabane (une bien sombre histoire que celle du meurtre de la mère) une semaine et même plus à la condition d’influencer tant bien que mal le choix d’université de son désormais distant fils Jesus (Ray Allen), nouvel espoir charismatique qu’observe la NBA, dans le but de satisfaire les rangs de l’équipe fétiche du gouverneur, un choix cornéspikeleeun en quelque sorte.

S’opère alors dans ce film « He got game » (1998) une douce symbiose de la caméra et du ballon valsant sous la musique tantôt classique de l’orchestre d’Aaron Copland, tantôt hiphopé de Public Enemy, le tout véhiculant une positivité esthétique couplé à l’émotion suscité par l’état d’une relation père-fils sous énormes pressions, Spike Lee est tout simplement un homme qui a su rendre hommage à ses passions tout en entretenant l’idée d’un changement progressif de l’humanité.

« Now the question is : -Are you ready, for the real revolution which is the evolution of the mind? »
Flavor Flav
évident sample de « For what it’s worth » de Buffalo Springfield.

#18 "-Ah, that’s amazing! -Well, I’m in the amazing business."

En proie à la cécité et la solitude, l’aigri lieutenant colonel Frank Slade (Al Pacino) finissait tristement mais paisiblement ses jours en sirotant son poison aux relents tourbés jusqu’au jour où l’étudiant en classe préparatoire Charlie Simms (Chris O’ Donnell) réponde à une certaine annonce stipulant de s’occuper du vieil homme le temps d’un week-end.

Ainsi dans ce film « Scent of a Woman » (1992) de Martin Brest, l’ancien militaire si grincheux va peu à peu dévoiler son humanité à l’écran, notamment par son romantisme et son humour grinçant, et s’attacher à Charlie en le défendant dans son conseil de discipline où il est accusé de complicité par simple refus de délation, un véritable discours moralisateur envers une institution se mordant la queue, clou du spectacle cinématographique qui ne laissera personne indifférent en vue de sa sincérité frissonnante.

#16 "Cash Rules Everything Around Me"

Back in the days, novembre ’93 sort le premier album du collectif Wu-Tang Clan, véritable bombe musicale en direct du zoo de Brooklyn où des rappeurs ninjas deviennent incontrôlables et balancent des mots tranchants comme des shurikens dans les oreilles du quartier puis des States, pendant que leur essaim d’abeilles tueuses se met à envahir le monde jusqu’au fatal échec et mat, les disciples ont enfin dépassé les anciens maîtres dans le maniement du braquage sonore.

Composé des MCs GZA, Method Man, Ol’ Dirty Bastard, Raekwon, Ghostface Killah, Masta Killa, Inspectah Deck, U-God et RZA, c’est ce dernier qui s’occupera en majeure partie de la production dans un crew prolifique où tout le monde se fera un nom en solo, bien plus méritant que sur leur casier judiciaire et finement plus personnel qu’une vulgaire carte d’identité.


Quelques plages sonores : « Rainy Dayz », « Tearz » (avec un sample de « After Laughter » de Wendy Rene), « Liquid Swords », « Whatever », « Shimmy Shimmy Ya », etc…

#15 "Comment mépriser l’argent quand tu n’en as pas, le crime est un piège mon dieu j’ai mordu l’appât !"

Plus qu’un simple duo de MCs, Lunatic représente l’extrême dualité de propos d’un rap tantôt raisonné, à la vision lucide et placide sous la plume pieuse d’Ali, tantôt fou et brutal sous la plume sale de l’animal galeux du Sénégal, j’ai nommé Booba.


Quelques plages sonores : « La lettre », « L’homme de l’ombre », « Ma définition », « Le souffle », etc…

#13 "So, what separates us from the rest of the animal kingdom? What makes us so different? We’re the only species who put our own kind in cages."

Aux antipodes de la cité d’émeraude d’un certain magicien se dresse la forteresse de pierre « Oz » (1997-2003) de Tom Fontana, sinistre théâtre où se joue perpétuellement la tragédie humaine avec des prisonniers et des gardiens en guise d’interprètes.

Guidé par la narration d’Augustus Hill (Harold Perrineau Jr.), cette série nous plonge dans le quotidien d’une prison américaine avec ses clans, ses dominants, ses victimes, le tout dans une vraisemblance des plus terrifiantes, l’humanité de certains personnages comme l’avocat déchu pour quelques verres de trop Tobias Beecher (Lee Tergesen) nous poussant à s’en identifier et à subir avec eux ces épreuves scénarisées dont le goût oscille entre dope, sang, semence voire celui de la mort.

#12 "So far beyond the sky, not knowing how or why"

Mais quel est donc cet étrange animal se déplaçant d’oasis en mer lunaire en fredonnant de célestes mélodies dénuées d’âge ?

Nous sommes à l’aube de l’ère progressive (70s) quand les titans que sont King Crimson, Genesis ou encore Pink Floyd commencent à émerger et se hissent lentement vers les étoiles scintillantes.
Camel est un de ces groupes naissants dans l’ombre de ces derniers, mais avec cette volonté de proposer l’alternative, et ce par des sonorités assez particulières aux inspirations orientales.

Quatuor anglais composé à l’époque de Andrew Latimer à la guitare, d’Andy Ward à la batterie, de Doug Ferguson à la basse et de Peter Bardens au clavier, il fut enrichi de la participation d’une multitude de musiciens tels Phil Collins, Mel Collins (comment oublier la splendide « Rhayader ») ou encore Richard Sinclair (Caravan).

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