#45 : le Tour du Monde en 80 clips de rap francophone !

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#44 « Et y trouvent ça trop méga fun, la plupart traîne dans des endroits plus paumés qu’Apple »

Tise, Shit et Rap. Ici pas d’artifices, juste une triste réalité, celle des rues du 18ème arrondissement d’Paris, même si depuis 2007 on s’demande bien à quoi ça rime toutes ces phases crues collées à l’arrache sur une boucle de 3s où la comparaison semble être la figure de style fétiche de cette bande de pochtrons aux poches aussi vides qu’leur verres à 10 du mat, mais à la rime aussi riche que leur épicier…

Faut dire qu’en même pas un temps quatre mouvements ils s’en sont bien sortis les bougres, entre l’insaisissable Kema et sa rime roulante, les bastos lyricales de Davodka, l’incroyable technicité sportive de Dais et Hugo Boss le roi des punchlines, y a pas à chier y a l’choix d’la corde pour le lynchage du MC moyen…

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Bon, enchaîner les freestyles crade ça a du charme mais un moment faut bien passer à des projets plus sérieux, histoire de leur rappeler d’où il vient ce putain d’rap ! Et là-d’ssus rien à r’dire, ces derniers temps on a été largement servis, entre les tapes gratos « Un poing c’est tout » et « Thérapie par l’écriture » (ce dernier étant d’une qualité tellement rarement atteinte, une bombe atomique sur les villas de tous ces voleurs et autres imposteurs bien trop médiatisés…) ainsi que l’hitchcockien « Fenêtre sur rue », album de la maturité pour Hugo du TSR…

#43 « -Find me some clouds! »

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Le scénario de Logan s’inspire librement de la vie du milliardaire Howard Hughes, passionné de cinéma et d’aviation (producteur du Scarface original), qui réalisa en 1930 l’un des tout premiers coûteux blockbusters sonores d’action, à savoir Hell’s Angels où virevolte l’escadrille ricaine (qui donnera son nom au fameux club de motards). Aviator est pour Scorsese une nouvelle occasion d’esthétiser à l’hollywoodienne une Amérique de l’entre-deux-guerres grâce à une couleur et une bande-son des plus soignées où se côtoient Glenn Miller, Django Reinhardt, David Johansen, The Ink Spots ou encore les falloutesques Manhattan Rhythm Kings!

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Mais c’est l’aspect torturé de l’influent personnage diogénien, magnifiquement interprété par DiCaprio, qui sera développé dans ses rapports de plus en plus lointains avec les gens, les malaises s’enchaînant telle l’avant-première de Hell’s Angels où les flashs photographiques éblouiront violemment le solitaire et ses paris risqués, l’esprit semblant déjà en proie à un pilotage automatique…

#42 « Tu connais du monde mais si la vie t’gifle tu vas amener qui? »

Toujours dans la série « nique les clones », coup d’clarté sur Bobigny et ses irréductibles successeurs d’une culture en perpétuel renouvellement, nommons-les Nakk et Les 10′ (groupe des frères jumeaux Lavokato et L’Indis) et situons-les à la chevauchée des millénaires.

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D’une gamberge émergente sur d’énergisantes mixtapes (« 11’30 contre les lois racistes » / « 16’30 contre la censure » / Original Bombattak) ou d’une rage en direct (« Les 10 – 22 ans »  de 1998), une brise balbynienne semble timidement souffler sur le paysage du rap français…

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…mais le vent ne se lèvera que quelques années plus tard, catalysé par ce nouveau média qu’est le net et par de nouveaux venus surmotivés comme Char (du Gouffre taffant sur le projet « Marche Arrière » qui regroupera 69 rappeurs de prestige du genre Furax, Loko ou encore Sëar-lui-même) dont l’objectif est de joindre les ponts du mouvement tout en lui rendant ses lettres et notes de noblesse!

Quelques plages sonores (essentiellement de Nakk) : « Les 10 – A la hauteur », « L’Indis – Mes Classiques » (avec Jeff le Nerf et Loko), « La Tour 20 », « Chanson Triste », « Invincible », « Le monde est mon pays », « Avec le cœur » (avec L’Indis et Ladea) et « Ce fameux jour » (avec Ladea, Les 10 et Demi-Portion).

#39 "-Michael Jackson?? Symbole de la décadence occidentale! -Mais pas du tout madame, c’est euuh… Malcolm X!"

Vague d’oppression au pays de la naissante rime persane à l’heure où le Chah chute et les cultures s’entrechoquent, une liberté sépulturée pourtant tant voulu par Marjane, quitte à la pousser à l’exil vers de terres à l’herbe plus verte tel Vienne à un âge jeune mais déjà sage…

Si Marjane Satrapi dévoila ses chemins de vie avec bulles sur papier dans « Persepolis » (2000-2003), Vincent Paronnaud quant à lui aida à y insuffler la magie de l’animation en 2007 dans une œuvre humaniste, humble facette de réalité à la vision marginale de combats de consciences, d’idées et de bon sens dans un monde paradoxalement croyant ou non où le noir et blanc se marie à merveille.

#38 "-Quelle est votre plus grande peur?"

Avide d’une originalité respectueuse du passé, c’est à travers un style puisant dans l’estampe que les studios de la Toei Animation ont pondu l’édifiant et terrifiant « 怪〜ayakashi〜 » (« Ayakashi : Japanese Classic Horror » de 2006) où se marie folklore soleil-levantesque et horreur abracadabrament cauchemardesques, le tout organisé en trois arcs résolument différents.

« L’histoire du fantôme de Yotsuya », adapté de la pièce populaire datant de 1825 de Tsuruya Nanboku, prend sa source dans les estampes ukiyo-e tandis que « La Légende du Donjon » s’inspire de la nouvelle tout aussi populaire de Kyoka Izumi de 1917 où un mortel et une demi-déesse vont se lier envers et contre tout…

Vient ensuite l’arc qui connaîtra le plus franc succès, à savoir « Le Monstre-Chat » de Kenji Nakamura où le charismatiquement peu loquace apothicaire erre à la recherche de démons, le seul moyen de les éliminer de son épée spirituelle étant d’en analyser leur forme, leur vérité et leur raison de hanter…

Suivra alors une année plus tard la série « モノノ怪 » (« Mononoke » ou esprit vengeur) prolongeant le périple aux aspects colorés mais à la trame sombre du mystique apothicaire au noble but, se retrouvant tantôt dans un hôtel au passé de maison close, tantôt dans une mer déchaînée sous la fureur écriée des âmes encore imprégnées d’une de ces douleurs si vive qu’elle ne peut cesser d’être aussi facilement…

#36 "-Smoking marijuana, eating Cheese Doodles, and masturbating do not constitute as ‘plans’ in my book!"

Diagnostiqué d’un cancer avancé, le professeur de chimie Walter White (Bryan Cranston) n’a qu’une idée en tête : faire de l’argent pour aider sa famille s’il en venait à disparaître. Mais cet argent sent un peu trop les produits chimiques et la facilité, car c’est à un trafic de méthamphétamines, dangereuse drogue en vogue, que Walt va s’adonner en s’associant avec le dealer Jesse Pinkman (Aaron Paul) aux risques et périls de tomber nez à nez avec le fameux cartel…

C’est à donc à coup de séquences sous haute tension et de violents cliffhangers que l’originale série « Breaking Bad » de Vince Gilligan va nous guider par hypnose télévisuelle depuis 2008, arborant une ambiance western dans la misère sociale de nos jours avec une mafia déguisée pensant tout simplement rendement et élimination si les calculs ne sont pas respectés avec précision!

« Let’s cook! »

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#33 "-Moi je n’ai aucun talent. -Moi non plus, j’aime juste peindre."

Nourrissant une passion sans limite pour la peinture, Machisu n’a toujours pas vendu une toile arrivé à la cinquantaine… Toujours dans cette quête de soi et d’un style propre à lui, il n’abandonnera pas sa folie créatrice grâce aux encouragements de ses proches. On y découvrira donc son parcours en une analyse plutôt pertinente de l’art, le pourquoi et le comment de la création et la poursuite des rêves.

Takeshi Kitano prolonge sa profonde vision de sa condition d’artiste dans « Akiresu to Kame » (« Achille et la Tortue » de 2008) où le paradoxe est annoncé dans le titre, l’éternel instant où la prédisposition du jeune Machisu né en milieu artistique ne permet pas de rattraper l’inspiration naissante à la source trouble de la tortue aux petits pas constants.

#26 "-Once I got my driver’s license, I started driving with my eyes closed."

Dernier jour sur les rails pour le cheminot bientôt retraité Odd Horten (Baard Owe), mais le voyage est loin de se terminer puisqu’il se permet de louper le retour et donc de quitter en beauté les œillères du convoi traditionnel en direction d’Oslo pour d’insolites aventures remplies de poésie…

La filée du train effleurant les paysages enneigés norvégiens s’immortalise dans la caméra de Bent Hamer sous le nom de « O Horten » (« La nouvelle vie de Monsieur Horten ») à partir de 2007, représentant toute cette simplicité esthétique où la candeur du protagoniste apporte une légèreté plaisante amplifiée par les lointaines mélodies de John Erik Kaada du groupe norvégien Cloroform.

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