#43 « -Find me some clouds! »

the_aviator1

Le scénario de Logan s’inspire librement de la vie du milliardaire Howard Hughes, passionné de cinéma et d’aviation (producteur du Scarface original), qui réalisa en 1930 l’un des tout premiers coûteux blockbusters sonores d’action, à savoir Hell’s Angels où virevolte l’escadrille ricaine (qui donnera son nom au fameux club de motards). Aviator est pour Scorsese une nouvelle occasion d’esthétiser à l’hollywoodienne une Amérique de l’entre-deux-guerres grâce à une couleur et une bande-son des plus soignées où se côtoient Glenn Miller, Django Reinhardt, David Johansen, The Ink Spots ou encore les falloutesques Manhattan Rhythm Kings!

the_aviator4

Mais c’est l’aspect torturé de l’influent personnage diogénien, magnifiquement interprété par DiCaprio, qui sera développé dans ses rapports de plus en plus lointains avec les gens, les malaises s’enchaînant telle l’avant-première de Hell’s Angels où les flashs photographiques éblouiront violemment le solitaire et ses paris risqués, l’esprit semblant déjà en proie à un pilotage automatique…

Publicités

#27 "-The more scribbled the name, the bigger the fame."

Jerry Lewis (lui même dans son premier rôle dramatique), fameux comique américain du petit écran, est souvent harcelé par des hordes de fans mais ce n’est rien en comparaison de sa rencontre forcée avec Rupert Pupkin (qu’incarne à merveille Robert De Niro pour son premier rôle comique), un humoriste raté y croyant dur comme fer et voulant à tout prix passer dans son émission.

Martin Scorsese dresse ici un sombre tableau de la célébrité télévisuelle avec des plans à hauteur d’homme retranscrivant au plus réel ce monde qui travaille tant son image, soulignant les dérives d’un star system quelque peu avant son apogée banalisée.

« King of Comedy » (« La valse des pantins » de 1983) se présente donc au cirque cinématographique comme le clown triste, celui qui oscille entre rire froid et gag violent, ne déplace pas des houles pour son show mais déclenche de francs applaudissements par un final nourri d’une controverse sur la réussite, ses routes et leur conséquences.

#17 "-Come on, hit me. Harder. Harder. -What the fuck do you want? That’s hard. What are you trying to prove?"

Jake LaMotta (alias Robert DeNiro), boxeur champion du monde au caractère bien trempé, donne son histoire et son surnom au film « Raging Bull » (1980) de Martin Scorsese, qui va en pondre une adaptation des plus édifiantes, usant de plongées, contre-plongées, déformations optiques et changements de tempo au montage pour notre plus grand désir de catharsis.

Le spectateur se retrouve ainsi partagé entre la vision étriquée de l’homme au sérieux penchant pour la violence, ne s’émancipant que sur le ring et développant une paranoïa autodestructrice, et le regard de ses proches, ne comprenant l’éternel soif de conflit de Jake qui le pousse sans cesse aux extrêmes dans ses actes et propos. Mention spéciale à la bande-son emblématique d’une époque.

#8 "As far back as I can remember, I always wanted to be a gangster."

Ainsi commence la narration de la vie de Henry Hill, gangster toujours en cavale joué par Ray Liotta dans un univers new-yorkais respirant les volutes fumantes de cigare cubain, la poudre sans fumée du Beretta « Cheetah » et l’argent sale à plein nez.

Vous l’aurez compris, l’histoire est le point fort dans « Goodfellas » (1990) de Martin Scorsese et ce par un montage des plus rythmés divertissant le spectateur par l’ascension de Henry au sein d’une mafia cultivant le bon goût sur lit de violence, un véritable roman noir défile devant nos yeux brillants de curiosité face à un monde des plus crus où le parrain Jimmy Burke qu’incarne Robert De Niro pense régner sur la ville alors que ce ne sont que Paranoïa et Bas instincts.