#44 « Et y trouvent ça trop méga fun, la plupart traîne dans des endroits plus paumés qu’Apple »

Tise, Shit et Rap. Ici pas d’artifices, juste une triste réalité, celle des rues du 18ème arrondissement d’Paris, même si depuis 2007 on s’demande bien à quoi ça rime toutes ces phases crues collées à l’arrache sur une boucle de 3s où la comparaison semble être la figure de style fétiche de cette bande de pochtrons aux poches aussi vides qu’leur verres à 10 du mat, mais à la rime aussi riche que leur épicier…

Faut dire qu’en même pas un temps quatre mouvements ils s’en sont bien sortis les bougres, entre l’insaisissable Kema et sa rime roulante, les bastos lyricales de Davodka, l’incroyable technicité sportive de Dais et Hugo Boss le roi des punchlines, y a pas à chier y a l’choix d’la corde pour le lynchage du MC moyen…

hugo-flaque-de-samples   Davodka-Un-poing-cest-tout

hugo_fenetresurrue   dais_therapieparlecriture

Bon, enchaîner les freestyles crade ça a du charme mais un moment faut bien passer à des projets plus sérieux, histoire de leur rappeler d’où il vient ce putain d’rap ! Et là-d’ssus rien à r’dire, ces derniers temps on a été largement servis, entre les tapes gratos « Un poing c’est tout » et « Thérapie par l’écriture » (ce dernier étant d’une qualité tellement rarement atteinte, une bombe atomique sur les villas de tous ces voleurs et autres imposteurs bien trop médiatisés…) ainsi que l’hitchcockien « Fenêtre sur rue », album de la maturité pour Hugo du TSR…

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#19 "-Basketball is like poetry in motion, cross the guy to the left, take him back to the right, he’s fallin’ back, then just "J" right in his face. Then you look at him and say : -What?"

Une atmosphère pesante règne chez les Shuttlesworths depuis que le père Jake (Denzel Washington) est revenu de cabane (une bien sombre histoire que celle du meurtre de la mère) une semaine et même plus à la condition d’influencer tant bien que mal le choix d’université de son désormais distant fils Jesus (Ray Allen), nouvel espoir charismatique qu’observe la NBA, dans le but de satisfaire les rangs de l’équipe fétiche du gouverneur, un choix cornéspikeleeun en quelque sorte.

S’opère alors dans ce film « He got game » (1998) une douce symbiose de la caméra et du ballon valsant sous la musique tantôt classique de l’orchestre d’Aaron Copland, tantôt hiphopé de Public Enemy, le tout véhiculant une positivité esthétique couplé à l’émotion suscité par l’état d’une relation père-fils sous énormes pressions, Spike Lee est tout simplement un homme qui a su rendre hommage à ses passions tout en entretenant l’idée d’un changement progressif de l’humanité.

« Now the question is : -Are you ready, for the real revolution which is the evolution of the mind? »
Flavor Flav
évident sample de « For what it’s worth » de Buffalo Springfield.

#17 "-Come on, hit me. Harder. Harder. -What the fuck do you want? That’s hard. What are you trying to prove?"

Jake LaMotta (alias Robert DeNiro), boxeur champion du monde au caractère bien trempé, donne son histoire et son surnom au film « Raging Bull » (1980) de Martin Scorsese, qui va en pondre une adaptation des plus édifiantes, usant de plongées, contre-plongées, déformations optiques et changements de tempo au montage pour notre plus grand désir de catharsis.

Le spectateur se retrouve ainsi partagé entre la vision étriquée de l’homme au sérieux penchant pour la violence, ne s’émancipant que sur le ring et développant une paranoïa autodestructrice, et le regard de ses proches, ne comprenant l’éternel soif de conflit de Jake qui le pousse sans cesse aux extrêmes dans ses actes et propos. Mention spéciale à la bande-son emblématique d’une époque.