#36 "-Smoking marijuana, eating Cheese Doodles, and masturbating do not constitute as ‘plans’ in my book!"

Diagnostiqué d’un cancer avancé, le professeur de chimie Walter White (Bryan Cranston) n’a qu’une idée en tête : faire de l’argent pour aider sa famille s’il en venait à disparaître. Mais cet argent sent un peu trop les produits chimiques et la facilité, car c’est à un trafic de méthamphétamines, dangereuse drogue en vogue, que Walt va s’adonner en s’associant avec le dealer Jesse Pinkman (Aaron Paul) aux risques et périls de tomber nez à nez avec le fameux cartel…

C’est à donc à coup de séquences sous haute tension et de violents cliffhangers que l’originale série « Breaking Bad » de Vince Gilligan va nous guider par hypnose télévisuelle depuis 2008, arborant une ambiance western dans la misère sociale de nos jours avec une mafia déguisée pensant tout simplement rendement et élimination si les calculs ne sont pas respectés avec précision!

« Let’s cook! »

#22 "It’s a show about nothing"

Le concept est pourtant audacieux. Pourquoi à tout prix poser une trame globale doublée d’une morale dans une série si le but est tout simplement de nous faire rire et réfléchir sur les dérives des comportements humains? Un simple appartement où des amis se réunissent suffit amplement à l’atmosphère d’une comédie de situation, plus connue sous l’étiquette un peu péjorative de la sitcom, notamment par l’ajout de rires tout d’abord du public au moment du tournage puis pré-enregistrés, frôlant la caricature du genre et laissant cours aux préjugés.

Mais c’est avant tout la rencontre de deux comédiens Jerry Seinfeld & Larry David qui donnera lieu à un florilège de sketches, « Seinfeld », sur un total de 9 saisons diffusé sur la NBC à partir de 1989, se basant sur des expériences sociales assez ironiques où toute réaction prend des proportions absurdes et tout doute absurde trouve justification par une réaction, une bien fine maîtrise des dialogues qui sera bien plus qu’une inspiration pour certains comédiens actuels que je ne citerais pas en tout bon manque de respect, préférez l’original!

Afin de mieux préciser la nature des scénettes, il faut bien savoir que la nature des personnages composant la série n’est pas des plus gratifiantes ! En effet, entre l’insatisfaite, superficielle et manipulatrice Elaine (Julia Louis-Dreyfus), l’hurluberlu Kramer (Micheal Richards) cherchant toujours à mener la grande vie mais squattant le frigo de son voisin Jerry, et le lâche petit homme chauve George (Jason Alexander) d’une paresse sans égale mais paradoxalement ultra-exigeant envers le monde qui l’entoure, il n’y a plus que Jerry un tant soit peu conscient de la connerie omniprésente, mais loin d’aborder un quelconque ton sérieux il va la combattre en l’exagérant!

« Believe it or not, George isn’t at home. Please leave a message at the beep.
I must be out, or I’d pick up the phone. Where could I be? »

#13 "So, what separates us from the rest of the animal kingdom? What makes us so different? We’re the only species who put our own kind in cages."

Aux antipodes de la cité d’émeraude d’un certain magicien se dresse la forteresse de pierre « Oz » (1997-2003) de Tom Fontana, sinistre théâtre où se joue perpétuellement la tragédie humaine avec des prisonniers et des gardiens en guise d’interprètes.

Guidé par la narration d’Augustus Hill (Harold Perrineau Jr.), cette série nous plonge dans le quotidien d’une prison américaine avec ses clans, ses dominants, ses victimes, le tout dans une vraisemblance des plus terrifiantes, l’humanité de certains personnages comme l’avocat déchu pour quelques verres de trop Tobias Beecher (Lee Tergesen) nous poussant à s’en identifier et à subir avec eux ces épreuves scénarisées dont le goût oscille entre dope, sang, semence voire celui de la mort.

#4 "-Why do people have to die? -To make life important."

Après un « American Beauty » plutôt abouti, le scénariste Alan Ball va remettre le paquet sur la chaîne HBO en créant une des séries dramatiques les plus profondes et bouleversantes que la télévision américaine n’ai jamais diffusé : « Six Feet Under » (2001-2005).

Explorant à l’écran des tabous tels que l’homosexualité entre David Fisher (Micheal C.Hall) et Keith (Matthew St. Patrick), la drogue consommée de manière banale notamment par la jeune artiste Claire Fisher (Lauren Ambrose), l’amour meurtri entre Nate Fisher (Peter Krause) et Brenda (Rachel Griffiths) et bien sûr la mort de par l’entreprise funéraire familiale des Fisher, on retrouve une alchimie des plus humaine et touchante bien loin des idéaux hollywoodiens.

Mais la profondeur de cette série réside dans la banalité de la mort, présente à chaque début d’épisode en une personne différente, qui va tout naturellement déteindre sur le quotidien des Fisher et les confronter à des questions existentiels le tout avec une certaine dose de cynisme, car sans recul sur la façon dont tourne le monde la dépression s’installerait beaucoup trop vite au sein du foyer.


Oscillant entre hymne à la mort et hymne à la vie, le pari est risqué mais amplement réussi.