#40 "-I got 18 people in my hotel! Where are they gonna go? -Out."

Une quiétude salement gagnée règne sur Lago, comme en témoigne un certain flash-back parsemant le film où les habitants restent de marbre devant leur propre shérif se faisant fouetter jusqu’à ce que mort s’en suive par des hommes aux ganaches patibulaires, un bien triste règlement de compte.
Hélas pour la populace un étranger (Clint Eastwood) est arrivé et il a l’air d’avoir une sacrée dent contre eux, à l’aide de quelques punchlines bien senties et de quelques balles bien tirées il va même très vite les dominer et les mobiliser à repeindre la ville couleur rouge sang avec un immense banquet en son centre pour accueillir les sombres mercenaires ayant fini de purger leur peine…

S’organise alors une embuscade des plus malignes,  véritable cacophonie vengeresse orchestrée par Monsieur le Diable lui même dans ce western « High Plains Drifter » (« L’homme des hautes plaines » de 1973) où la nature malsaine de l’homme conduira le genre aux frontières du fantastique.

#37 "-Qui peut bien avoir envie d’s’enterrer dans c’pays perdu au fin fond des ours… -Un nouveau Diogène par exemple."

Suite au décès de son père James Moore, Tom débarque dans l’Ouest américain pour s’installer dans l’humble demeure qu’il lui ai laissé. Mais ce qu’il ne sait pas c’est que son père était un bandit tout comme ses compères, et donc d’un style de vie bien différent des manies candides et sophistiquées du gentleman anglais. Il ne manquera plus qu’une histoire de mariage arrangé pour qu’El Magnifico sorte de ses gonds et se métamorphose en héros redouté, le rôle parfait pour Terence Hill!

« E poi lo chiamarono Il Magnifico » (« Et maintenant on l’appelle El Magnifico » de 1972) arrive dans les salles en fin d’âge d’or du western spaghetti, quelque peu avant le fameux « Mon nom est Personne » dans un style décalé empruntant à la comédie populaire sous couvert des codes du genre.
Et c’est ce non-sérieux parsemé qui offre toute sa fraîcheur et son intemporalité au film, assumant ses grossières caricatures et s’amusant de terres hostiles plus si inconnues que ça aux yeux du public…

« Ouais, à l’ouest y a plus rien d’nouveau… »

#36 "-Smoking marijuana, eating Cheese Doodles, and masturbating do not constitute as ‘plans’ in my book!"

Diagnostiqué d’un cancer avancé, le professeur de chimie Walter White (Bryan Cranston) n’a qu’une idée en tête : faire de l’argent pour aider sa famille s’il en venait à disparaître. Mais cet argent sent un peu trop les produits chimiques et la facilité, car c’est à un trafic de méthamphétamines, dangereuse drogue en vogue, que Walt va s’adonner en s’associant avec le dealer Jesse Pinkman (Aaron Paul) aux risques et périls de tomber nez à nez avec le fameux cartel…

C’est à donc à coup de séquences sous haute tension et de violents cliffhangers que l’originale série « Breaking Bad » de Vince Gilligan va nous guider par hypnose télévisuelle depuis 2008, arborant une ambiance western dans la misère sociale de nos jours avec une mafia déguisée pensant tout simplement rendement et élimination si les calculs ne sont pas respectés avec précision!

« Let’s cook! »

#29 "-Three weeks ago I took a bullet out of a man who was shot by a gentleman. The bullet was in his back!"

-Comment transcender les dialogues après quelques années de recul sur le récent cinéma parlant?
-En rapprochant des personnages quelque peu typés au sein d’une diligence en plein territoire ennemi indien bien sûr!

Un shérif, une dame noble, un bandit, une prostituée, un banquier, une jeune femme enceinte, un médecin alcoolique (au passage joué à merveille par Thomas Mitchell), un représentant en whisky et un joueur de poker, le compte est bon!

Tout est réuni dans « Stagecoach » (« La chevauchée fantastique » de 1939) pour redonner un nouveau souffle au western en lui insufflant des codes du genre plutôt classiques et lui ouvrant de nouveaux horizons tel le Monument Valley (l’image ci-dessus) au tout début de l’âge d’or hollywoodien…

Notons aussi le premier grand rôle de John Wayne prophétisé par un malin et précis zoom-regard sous la caméra de John Ford, démarrant la légende avec brio dans un film frais comme une nuit d’été!

#25 "-Now, remember son: stay in school, eat your veggies, and burn everything but Shakespeare."

Suite à un imprévu routier, notre ami l’insolite caméléon domestique (à la voix de Johnny Depp) va se retrouver en plein désert, n’ayant plus qu’à suivre son instinct le menant inéluctablement dans une ville du Far West où la monnaie locale, l’eau, se raréfie à un point assez soupçonneux. En s’inventant des facultés de tireur d’élite, Rango devient vite shérif, mais encore faut-il confirmer ses talents…

Datant de 2011, « Rango » de Gore Verbinski est un immense hommage au western, réutilisant la plupart de ses codes tout en apportant un style décalé par des personnages animaliers dans une animation très fluide sortant tout droit des nouveaux studios de George Lucas, le tout accompagné d’un scénario de John Logan visant malheureusement un peu trop à la bienséance, ce qui siéra tout de même au plus grand nombre.

N’oublions pas la bande originale que composa le fameux Hans Zimmer.

#6 "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent être traitées sérieusement."

Avec pour source les pensées samouraïesques de Jōchō Yamamoto (compilées dans l’ouvrage « Hagakure » début XVIIIe), l’assassin au cœur d’or incarné par Forest Whitaker évolue lentement mais sûrement dans les quartiers de New York, observant les gens de son pigeonnier d’où il reçoit les désirs de vengeance d’une mafia qui va bien vite le considérer comme trop dangereux…

« Ghost Dog : The Way of the Samuraï » de Jim Jarmusch (1999) nous plonge dans le profond combat de l’homme pour ses valeurs, tout en s’imprégnant des cinémas western et gangster sous influence du soleil levant, et crée l’esthétique par association d’oxymores dans une moderne métropole où Ghost Dog se sent plus proche du naturel par l’animal et son désir de liberté.

Sous couvert de cadrages flous et de fondus-enchaîné, l’ambiance du long-métrage est également soutenue par la bande-son résolument hiphop de RZA du Wu-Tang Clan (que l’on retrouvait d’ailleurs à boire du thé avec son acolyte GZA ainsi que Bill Murray dans le film précédent « Coffee & Cigarettes ») dans une symbiose à l’image, mariant par le rythme une inspiration new-yorkaise et orientale pour notre plus grand plaisir de soif culturelle.

#2 "-Qu’est-ce qu’y s’passe quand un joueur a tiré 4 cartes identiques? -Hé ben y s’passe que je passe"

Quel petit impertinent ce Terrence Hill, toujours à taquiner l’égo des tireurs d’élites de l’Ouest pour gagner son pain en rompant l’ennui des villageois par le spectacle de la gâchette.

Nous sommes en 1975 quand le film « Un genio, due compari, un pollo » (« Un génie, deux associés, une cloche ») de Damiano Damiani & Sergio Leone sort en salles malgré la perte du négatif original, sans doute la principale cause de l’aspect décousue d’un scénario pourtant béton : une malette de 300.000$ du gouvernement destinée aux indiens suscite la convoitise des bandits, dont Joe Thanks (Terence Hill) qui va vite élaborer un subterfuge en déguisant son associé Bill Steamengine en Colonel afin d’octroyer le butin, malheureusement il n’y a qu’à Pâques qu’on voit les cloches voler !

Difficile de ne pas le rapprocher de « Il mio nome è Nessuno«  (« Mon nom est personne ») tant la ressemblance est frappante, de son acteur principal à sa musique composée par le génial Ennio Morricone.

Hélas une sorte de limite s’aperçoit au fin fond du désert, celle d’un genre qui n’aura eu de cesse que de marcher lentement mais sûrement vers l’océan, quelques valeurs pour bagage ainsi qu’un bon vieux Smith&Wesson à la taille histoire de chasser le vautour dont l’ombre oppresse de jour comme de nuit les pionniers du bout du monde.