#37 "-Qui peut bien avoir envie d’s’enterrer dans c’pays perdu au fin fond des ours… -Un nouveau Diogène par exemple."

Suite au décès de son père James Moore, Tom débarque dans l’Ouest américain pour s’installer dans l’humble demeure qu’il lui ai laissé. Mais ce qu’il ne sait pas c’est que son père était un bandit tout comme ses compères, et donc d’un style de vie bien différent des manies candides et sophistiquées du gentleman anglais. Il ne manquera plus qu’une histoire de mariage arrangé pour qu’El Magnifico sorte de ses gonds et se métamorphose en héros redouté, le rôle parfait pour Terence Hill!

« E poi lo chiamarono Il Magnifico » (« Et maintenant on l’appelle El Magnifico » de 1972) arrive dans les salles en fin d’âge d’or du western spaghetti, quelque peu avant le fameux « Mon nom est Personne » dans un style décalé empruntant à la comédie populaire sous couvert des codes du genre.
Et c’est ce non-sérieux parsemé qui offre toute sa fraîcheur et son intemporalité au film, assumant ses grossières caricatures et s’amusant de terres hostiles plus si inconnues que ça aux yeux du public…

« Ouais, à l’ouest y a plus rien d’nouveau… »
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#36 "-Smoking marijuana, eating Cheese Doodles, and masturbating do not constitute as ‘plans’ in my book!"

Diagnostiqué d’un cancer avancé, le professeur de chimie Walter White (Bryan Cranston) n’a qu’une idée en tête : faire de l’argent pour aider sa famille s’il en venait à disparaître. Mais cet argent sent un peu trop les produits chimiques et la facilité, car c’est à un trafic de méthamphétamines, dangereuse drogue en vogue, que Walt va s’adonner en s’associant avec le dealer Jesse Pinkman (Aaron Paul) aux risques et périls de tomber nez à nez avec le fameux cartel…

C’est à donc à coup de séquences sous haute tension et de violents cliffhangers que l’originale série « Breaking Bad » de Vince Gilligan va nous guider par hypnose télévisuelle depuis 2008, arborant une ambiance western dans la misère sociale de nos jours avec une mafia déguisée pensant tout simplement rendement et élimination si les calculs ne sont pas respectés avec précision!

« Let’s cook! »

#35 "And so I got my banjo out, just sittin’, catchin’ dust, and painted right across the face ‘Greenwich Village or Bust’."

Cultivant l’amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l’instrumental.

S’opère alors un timing minutieux où s’entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu’aux lives où le remix prime toujours entre un « Light my Fire » des Doors et un « It’s bigger than hip hop » des Dead Prez à des rythmes d’une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : « Pudding à l’arsenic » (« Astérix et Cléopâtre » 1968) / « The Message » de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : « Indi Groove », « Skank in the air », « Washington Square », « I’ve got that tune » (sample de « Hummin’ To Myself » de The Washboard Rhythm Kings) , « Ordinary Man », « Jumpin in Havana », « Miss Chang » (feat. Taiwan MC & Cyph4), « Racing with the Sun », « Saudade » (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc…

#34 "-There’s nothing to laugh at!"

Henry Holland (Alec Guinness), écoulant de paisibles jours au Brésil, nous raconte comment lui, ancien convoyeur de lingots, a fait fortune en organisant le plus gros coup de l’histoire du gangstérisme avec l’aide Pendlebury (Stanley Holloway), vendeur peu scrupuleux de petites Tours Eiffel pour touristes…

Dotée d’une course-poursuite d’une durée grotesque, « Lavender Hill Mob » (« De l’or en barres » de 1951) de Charles Crichton jaillit de la vague florissante des films à humour anglais des studios Ealing de l’époque en une multitude de gags grâce au jeu méchamment drôle des acteurs dans un climat à l’aspect pourtant si sérieux!

#33 "-Moi je n’ai aucun talent. -Moi non plus, j’aime juste peindre."

Nourrissant une passion sans limite pour la peinture, Machisu n’a toujours pas vendu une toile arrivé à la cinquantaine… Toujours dans cette quête de soi et d’un style propre à lui, il n’abandonnera pas sa folie créatrice grâce aux encouragements de ses proches. On y découvrira donc son parcours en une analyse plutôt pertinente de l’art, le pourquoi et le comment de la création et la poursuite des rêves.

Takeshi Kitano prolonge sa profonde vision de sa condition d’artiste dans « Akiresu to Kame » (« Achille et la Tortue » de 2008) où le paradoxe est annoncé dans le titre, l’éternel instant où la prédisposition du jeune Machisu né en milieu artistique ne permet pas de rattraper l’inspiration naissante à la source trouble de la tortue aux petits pas constants.

#32 "-People think that pipes grow in their homes. But they sure as hell don’t! Look at my knees!"

Suite à une introduction où l’on compare le macro et le microcosme par fondu-enchainé, Henry Spencer (Jack Nance) est invité chez les parents de sa copine Mary (Charlotte Stewart) pour un repas nourri de malaises violé intimement par la caméra en raccord regard, où le poulet se met à se dandiner tout saignant en totale prémonition à l’annonce d’un accouchement prématuré d’un être visqueux aux contours inhumains…

Sous couvert d’une ambiance musicale froide et industrielle, David Lynch expose sa première vision grisaillée et oppressante du monde où le sous-entendu est finement audible, annonçant le déséquilibre par des notes discordantes et des acteurs guidés par une étrange folie, entre un père déconnecté de la situation et une mère en décalage émotionel.

« Eraserhead » (1977) sollicite ainsi notre imagination dans ses confins les plus sombres, naviguant en eaux troubles dans l’océan de nos peurs jusqu’au port aux lumières aveuglantes, tout est si apaisant les yeux fermés!

#31 "-Ça te va pas cette coupe, elle te ressemble pas. -De quoi j’me mêle?"

Les dieux sont cléments au royaume des âmes, en effet une chanceuse a gagné un retour à la vie dans le corps de Makoto, un collégien de 3ème qui s’est suicidé. Par contre ce n’est pas gratuit, il s’agit d’une mise à l’épreuve de quelques mois au cours desquels il faudra s’intégrer et apprendre des erreurs de l’adolescent et de son entourage, faute de quoi la sentence recommencera!

Maître de la comédie, Keiichi Hara se concentre désormais un peu plus sur le caractère dramatique en son œuvre « Karafuru » (« Colorful » de 2010) par introspection de personnages dans un cadre réaliste sous le regard extérieur d’une âme méfiante subissant la pression de l’au-delà.
Adaptant à sa guise le roman du même nom de Eto Mori, l’essai est plutôt réussi tant une certaine émotion s’en dégage tout au long des séquences, bref un extrait de vie haut en couleur!

#30 "-Trees and people used to be good friends."

La famille Kusakabé vient d’emménager dans sa nouvelle résidence en pleine campagne de Matsugô, riche en paysages et en secrets que les sœurs Mei et Satsuki ne tarderont pas à découvrir au fin fond d’un tunnel menant au havre de paix qu’habite Totoro et ses amis…

D’une mise en scène simple et brillante, « Tonari no Totoro » (« Mon voisin Totoro » de 1988) est une ode à la nature et à un retour à l’authenticité grâce à sa légèreté oscillant aisément entre réel et fantastique sans rompre le pacte de crédibilité tant l’émotion est sincèrement présente.

Hayao Miyazaki magnifie ici le style qu’il avait adopté avec Isao Takahata dans « Panda Kopanda » (« Panda petit Panda » de 1972) à travers une histoire presque autobiographique à l’atmosphère magique orchestrée par Joe Hisaishi.

#29 "-Three weeks ago I took a bullet out of a man who was shot by a gentleman. The bullet was in his back!"

-Comment transcender les dialogues après quelques années de recul sur le récent cinéma parlant?
-En rapprochant des personnages quelque peu typés au sein d’une diligence en plein territoire ennemi indien bien sûr!

Un shérif, une dame noble, un bandit, une prostituée, un banquier, une jeune femme enceinte, un médecin alcoolique (au passage joué à merveille par Thomas Mitchell), un représentant en whisky et un joueur de poker, le compte est bon!

Tout est réuni dans « Stagecoach » (« La chevauchée fantastique » de 1939) pour redonner un nouveau souffle au western en lui insufflant des codes du genre plutôt classiques et lui ouvrant de nouveaux horizons tel le Monument Valley (l’image ci-dessus) au tout début de l’âge d’or hollywoodien…

Notons aussi le premier grand rôle de John Wayne prophétisé par un malin et précis zoom-regard sous la caméra de John Ford, démarrant la légende avec brio dans un film frais comme une nuit d’été!

#28 "-It’s funny how the colors of the real world only seem really real when you viddy them on the screen."

Ultra-violence, voilà le mot d’ordre pour Alex (Malcolm McDowell) et sa bande sous l’emprise stimulante du lait drogué le moloko+, faisant régner le chaos dans une ville à l’atmosphère futuriste jusqu’à l’incarcération et la mise en cobaye du meneur aux mains de la torture expérimentale et de la vision forcée de montages alliant le choc des images à la douceur de la « Symphonie nº 9 » de Ludwig Van Beethoven, chanson jadis préférée de notre héros en proie au lourd paiement de ses actes ainsi que ceux d’une société aspirant à la grandeur quitte à soigner le mal par le mal…

En résumé « A Clockwork Orange » (« Orange Mécanique » de 1971) est un bijou dérangeant, resplendissant d’un sombre éclat et laissant s’installer le malaise avec en fond sonore de la composition classique interprété avec les premiers synthétiseurs, nourrissant l’univers décadant imaginé par Stanley Kubrick afin d’en récolter le fruit défendu à la teinte bizarrement orangée…

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