#38 "-Quelle est votre plus grande peur?"

Avide d’une originalité respectueuse du passé, c’est à travers un style puisant dans l’estampe que les studios de la Toei Animation ont pondu l’édifiant et terrifiant « 怪〜ayakashi〜 » (« Ayakashi : Japanese Classic Horror » de 2006) où se marie folklore soleil-levantesque et horreur abracadabrament cauchemardesques, le tout organisé en trois arcs résolument différents.

« L’histoire du fantôme de Yotsuya », adapté de la pièce populaire datant de 1825 de Tsuruya Nanboku, prend sa source dans les estampes ukiyo-e tandis que « La Légende du Donjon » s’inspire de la nouvelle tout aussi populaire de Kyoka Izumi de 1917 où un mortel et une demi-déesse vont se lier envers et contre tout…

Vient ensuite l’arc qui connaîtra le plus franc succès, à savoir « Le Monstre-Chat » de Kenji Nakamura où le charismatiquement peu loquace apothicaire erre à la recherche de démons, le seul moyen de les éliminer de son épée spirituelle étant d’en analyser leur forme, leur vérité et leur raison de hanter…

Suivra alors une année plus tard la série « モノノ怪 » (« Mononoke » ou esprit vengeur) prolongeant le périple aux aspects colorés mais à la trame sombre du mystique apothicaire au noble but, se retrouvant tantôt dans un hôtel au passé de maison close, tantôt dans une mer déchaînée sous la fureur écriée des âmes encore imprégnées d’une de ces douleurs si vive qu’elle ne peut cesser d’être aussi facilement…

#23 "-But Ive got one question to ask you. Do you consider yourself English, or Jamaican?"

Nous sommes en 1983 dans l’Angleterre de Thatcher quand Shaun (Thomas Turgoose), garçon solitaire de 12ans vivant seul avec sa mère, va se lier à une bande plus âgée de skinheads par l’intermédiaire de Woody (Joseph Gilgun), mais va inévitablement être confronté à la montée des idéaux racistes et nationalistes quand Combo (Stephen Graham) revient de taule et force Shaun à voir en lui une figure paternelle.

Shane Meadows nous livre donc à travers un style documentaire sa fiction quasi-autobiographique « This is England » (2006), où se dessine une fresque sociale servant de contexte à la triste scission idéologique aux limites de l’ironique au sein du mouvement skinhead qui, rappelons-le, est né de l’amour de prolétaires pour la musique jamaïcaine ska & reggae…

#21 "Today’s weather is dreamy and will clear up after a sunny, sunny, sunny, sunny day!"

Le rêve. Thème exploité depuis la nuit des bobines! La vision subjective de la caméra rappelant étrangement l’introspection onirique provoquée par sécrétion naturelle de DMT ou bien absorption d’élixirs psychédéliques comme l’ayahuasca.

Ainsi l’effet de réel légendairement ressenti par les parisiens devant « L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat » (des Frères Lumière) s’oppose radicalement au recul des indiens Huni Kuin d’Amazonie devant une image mouvante à la narration discontinue qui leur rappelle plus la représentation d’une vision que celle de la réalité, distinction bien floue que va pourtant distiller sous divers angles le regretté Satoshi Kon dans son dernier long-métrage « Paprika » datant de 2006.

S’immiscer dans ce monde parallèle? C’est le but du prototype DC Mini, petit magnétoscope se glissant sous l’oreiller, matérialisant le rêve en .avi et ouvrant ainsi une sorte de porte dimensionnelle Pandorienne. La science serait-elle encore tombée entre de mauvaises mains? Décidément c’est pas d’chance, mais bon on peut toujours se consoler avec des images vertigineuses dans une danse mentale élastique s’amusant des failles du cervelet…