#43 « -Find me some clouds! »

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Le scénario de Logan s’inspire librement de la vie du milliardaire Howard Hughes, passionné de cinéma et d’aviation (producteur du Scarface original), qui réalisa en 1930 l’un des tout premiers coûteux blockbusters sonores d’action, à savoir Hell’s Angels où virevolte l’escadrille ricaine (qui donnera son nom au fameux club de motards). Aviator est pour Scorsese une nouvelle occasion d’esthétiser à l’hollywoodienne une Amérique de l’entre-deux-guerres grâce à une couleur et une bande-son des plus soignées où se côtoient Glenn Miller, Django Reinhardt, David Johansen, The Ink Spots ou encore les falloutesques Manhattan Rhythm Kings!

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Mais c’est l’aspect torturé de l’influent personnage diogénien, magnifiquement interprété par DiCaprio, qui sera développé dans ses rapports de plus en plus lointains avec les gens, les malaises s’enchaînant telle l’avant-première de Hell’s Angels où les flashs photographiques éblouiront violemment le solitaire et ses paris risqués, l’esprit semblant déjà en proie à un pilotage automatique…

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#4 "-Why do people have to die? -To make life important."

Après un « American Beauty » plutôt abouti, le scénariste Alan Ball va remettre le paquet sur la chaîne HBO en créant une des séries dramatiques les plus profondes et bouleversantes que la télévision américaine n’ai jamais diffusé : « Six Feet Under » (2001-2005).

Explorant à l’écran des tabous tels que l’homosexualité entre David Fisher (Micheal C.Hall) et Keith (Matthew St. Patrick), la drogue consommée de manière banale notamment par la jeune artiste Claire Fisher (Lauren Ambrose), l’amour meurtri entre Nate Fisher (Peter Krause) et Brenda (Rachel Griffiths) et bien sûr la mort de par l’entreprise funéraire familiale des Fisher, on retrouve une alchimie des plus humaine et touchante bien loin des idéaux hollywoodiens.

Mais la profondeur de cette série réside dans la banalité de la mort, présente à chaque début d’épisode en une personne différente, qui va tout naturellement déteindre sur le quotidien des Fisher et les confronter à des questions existentiels le tout avec une certaine dose de cynisme, car sans recul sur la façon dont tourne le monde la dépression s’installerait beaucoup trop vite au sein du foyer.


Oscillant entre hymne à la mort et hymne à la vie, le pari est risqué mais amplement réussi.