#16 "Cash Rules Everything Around Me"

Back in the days, novembre ’93 sort le premier album du collectif Wu-Tang Clan, véritable bombe musicale en direct du zoo de Brooklyn où des rappeurs ninjas deviennent incontrôlables et balancent des mots tranchants comme des shurikens dans les oreilles du quartier puis des States, pendant que leur essaim d’abeilles tueuses se met à envahir le monde jusqu’au fatal échec et mat, les disciples ont enfin dépassé les anciens maîtres dans le maniement du braquage sonore.

Composé des MCs GZA, Method Man, Ol’ Dirty Bastard, Raekwon, Ghostface Killah, Masta Killa, Inspectah Deck, U-God et RZA, c’est ce dernier qui s’occupera en majeure partie de la production dans un crew prolifique où tout le monde se fera un nom en solo, bien plus méritant que sur leur casier judiciaire et finement plus personnel qu’une vulgaire carte d’identité.


Quelques plages sonores : « Rainy Dayz », « Tearz » (avec un sample de « After Laughter » de Wendy Rene), « Liquid Swords », « Whatever », « Shimmy Shimmy Ya », etc…

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#6 "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent être traitées sérieusement."

Avec pour source les pensées samouraïesques de Jōchō Yamamoto (compilées dans l’ouvrage « Hagakure » début XVIIIe), l’assassin au cœur d’or incarné par Forest Whitaker évolue lentement mais sûrement dans les quartiers de New York, observant les gens de son pigeonnier d’où il reçoit les désirs de vengeance d’une mafia qui va bien vite le considérer comme trop dangereux…

« Ghost Dog : The Way of the Samuraï » de Jim Jarmusch (1999) nous plonge dans le profond combat de l’homme pour ses valeurs, tout en s’imprégnant des cinémas western et gangster sous influence du soleil levant, et crée l’esthétique par association d’oxymores dans une moderne métropole où Ghost Dog se sent plus proche du naturel par l’animal et son désir de liberté.

Sous couvert de cadrages flous et de fondus-enchaîné, l’ambiance du long-métrage est également soutenue par la bande-son résolument hiphop de RZA du Wu-Tang Clan (que l’on retrouvait d’ailleurs à boire du thé avec son acolyte GZA ainsi que Bill Murray dans le film précédent « Coffee & Cigarettes ») dans une symbiose à l’image, mariant par le rythme une inspiration new-yorkaise et orientale pour notre plus grand plaisir de soif culturelle.